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POP | Plateforme ouverte du patrimoineRetable de Clairvaux ; La Trinité ; Baptême du Christ ; Ascension ; Saint Bernard ; Saint Maloché
Retable de Clairvaux ; La Trinité ; Baptême du Christ ; Ascension ; Saint Bernard ; Saint Maloché





Référence de la notice
01370005139
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
31 janvier 2003
Date de mise à jour
23 février 2026
Rédacteur de la notice
Creuzet Laurent ; Bardin Dominique
Crédits photographiques
© François Jay - musée des beaux-arts de Dijon
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
CA 1421 ; 1421 (Cat. 1883) ; 11 (Cat. peint. françaises 1968)
Domaine
Dénomination
Titre
Retable de Clairvaux ; La Trinité ; Baptême du Christ ; Ascension ; Saint Bernard ; Saint Maloché
Auteur
École (pays)
France ; Bourgogne
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Historique
Le retable vient de faire l'objet d'une importante restauration menée avec le soutien du Crédit Agricole Champagne-Bourgogne, qui a non seulement rendu sa cohérence et sa puissance à cette oeuvre étonnante mais ouvre la perspective de lui rendre sa place dans l'histoire encore largement à explorer de la peinture française du début du XVIe siècle. L'oeuvre, qui n'était plus exposée dans son intégralité depuis 1945, puisque seul le panneau de Saint Bernard, démonté du cadre, était présenté, a en effet été jusqu'à présent largement ignorée de la recherche. Un autel de l'abbaye de Clairvaux ? L'oeuvre avait été repérée par le conservateur du musée de Dijon, Fevret de Saint-Mémin, dans l'église d'Ampilly-le-Sec au nord de la Côte-d'Or. En 1838 intervient un échange : un Saint Jean l'Evangéliste de Philipe Quantin est envoyé à Ampilly, tandis que le retable prend place au musée. Le catalogue de 1842 le présente comme provenant de l'abbaye de Clairvaux, sans qu'on sache quelle est la source de cette affirmation. Cette assertion n'est nullement à rejeter, en raison de la présence de saint Bernard, fondateur de Clairvaux, et celle de saint Malachie, introducteur de la règle cistercienne en Irlande, qui mourut à Clairvaux en 1148. On n'a malheureusement pas retrouvé, dans les inventaires, de mention qui permette de l'identifier en toute certitude. Toutefois, une mention en 1517 signale 'un grand autel de la Trinité' sur la cloison qui séparait le choeur des moines de celui des convers, sans que le retable qui surmontait cet autel soit décrit. Un peintre redécouvert : Le retable a connu plusieurs interventions de restauration : une restauration générale des peintures et du cadre en 1847, une transposition du panneau de la Trinité en 1892 et la transposition des quatre autres panneaux en 1944-1945. Ces interventions et d'autres plus anciennes, ainsi que le jaunissement des vernis, avaient fini par alourdir considérablement l'oeuvre originale. La restauration qui vient d'être menée a permis de dégager ces repeints et de retrouver, malgré d'assez importantes lacunes et usures, la manière du peintre. Quant au cadre, avec ses rinceaux et ses pilastres, il est lui aussi en très grande partie d'origine : les compléments de sculpture ou la reprise de polychromie réalisés en 1847 ont respecté ses dispositions originelles. L'association d'un panneau à fond d'or, au centre, de deux panneaux à ciel naturel, de part et d'autre, et de figures de saints sur fonds de rideaux de brocart, a de quoi surprendre, mais il faut convenir que la forte présence du cadre et l'accord des tonalités où dominent l'or, le vert, le bleu turquoise et le pourpre établissent une belle cohérence. Comme beaucoup de peintres de son époque, l'artiste s'inspire de compositions diffusées par la gravure - celles de Schongauer plutôt que celle de Dürer - mais les recompose assez librement. Il n'évite pas certaines maladresses de dessin et semble mal à l'aise à représenter la profondeur, mais il sait jouer de la lumière et concentrer ses compositions sur l'essentiel. Le Maître de Clairvaux ? Il est possible de regrouper plusieurs tableaux conservés en Champagne autour de ce retable : un triptyque avec la Nativité, la Crucifixion et la Résurrection et le Portrait du chanoine Refuge au musée de Vauluisant de Troyes, ainsi qu'une Déploration du Christ, encore dans la chapelle Sainte-Anne à Clairvaux. Toutefois, ces rapprochements demandent à être confirmés par des études plus approfondies pour ces oeuvres parfois aussi assez lourdement restaurées. Il est intéressant de noter aussi des correspondances avec plusieurs vitraux de la région. La Transfiguration se retrouve en effet littéralement au déambulatoire de Saint-Alpin à Châlons-en-Champagne, alors que seules certaines figures ou certaines draperies trouvent des équivalents dans d'autres verrières, comme à Ceffonds (Haute-Marne). Mais il est encore trop tôt pour en déduire que l'auteur du retable fournissait des modèles de vitraux, et plus encore pour proposer un nom pour 'le Maître de Clairvaux'. (Sophie Jugie 2013 d'après Gilles (Matthieu), 'Le Retable de Clairvaux et son peintre', in collectif sous la dir. de Elsig (Frédéric), Peindre en France à la Renaissance. Les courants stylistiques au temps de Louis XII et de François Ier, SilvanaEditoriale, Milan, 2011)
Localisation
Dijon ; musée des beaux-arts