Ministère
de la Culture
POP | Plateforme ouverte du patrimoineLes Sirènes
Les Sirènes
Référence de la notice
01370005320
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
17 avril 2009
Date de mise à jour
9 septembre 2026
Rédacteur de la notice
Sabine Marie-Anne
Artiste sous droits
oui
Année d'entrée dans le domaine public
2063
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
DG 359 ; 604 (DG 1976)
Domaine
Dénomination
Titre
Les Sirènes
Précisions sur l'auteur
Lisbonne, 1908 ; Paris, 1992 ; femme
Genre du ou des auteurs
féminin
École (pays)
France
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1957
Historique
Ce tableau, réalisé en 1957, l'une des plus belles réussites de l'artiste, reprend le thème des 'Sirènes' qui a préoccupé Vieira da Silva dès 1935 : il est traité ici sur un mode abstrait, le 'brouillard' étant peut-être destiné à suggérer le trouble de la perception que le chant de ces personnages fabuleux suscitait chez les navigateurs. Quoi qu'il en soit, le grand intérêt de ce tableau réside dans son traitement d'où les contrastes colorés sont exclus : le 'blanc sur blanc' y domine et ce parti a été souvent retenu par Vieira da Silva comme le montrent par exemple 'Le grand blanc' (1963), l''Hommage à Saenredam' (1968) et surtout ce grand chef-d'oeuvre qui a pour titre 'L'Equité' (1966). Choisissant ici l'absence de couleurs, l'artiste privilégie uniquement un jeu de valeurs insensiblement rapprochées. Et l'oeuvre entier de Vieira da Silva vérifie une fois de plus -s'il en était besoin- les remarques définitives d'André Lhote sur les 'invariants plastiques' : à partir de 1950 environ, il y a chez elle en effet une prédominance de camaïeus, de teintes neutres et d'accords ton sur ton. Vieira da Silva insistant tantôt sur les valeurs, tantôt sur l'arabesque, a été conduite à diminuer les contrastes de couleurs. Elle-même déclare : 'Je ne suis pas portée à la couleur violente' et l'un de ses tableaux, hommage et manifeste tout à la fois, s'appelle 'Gris Corot' (1950). De plus, la 'mer' et le 'ciel' sont ici mélangés. C'est que la construction très graphique du tableau a été quasi entièrement estompée par les nappes blanches qui sont étendues devant elle et la charpente n'apparaît plus que de place en place -parfois d'une manière imperceptible- au travers d'éclaircies. Le procédé de la couleur posée par nappes sur un tableau en quelque sorte préexistant se retrouvera notamment dans 'Pays de Sylvie'(1959), 'Port de Lisbonne' (1959) et 'Nocturne gris'. Le blanc permet de corriger, de simplifier, voire d'occulter la composition dont il ne reste que l'indispensable. D'où la légèreté impalpable de ce tableau. 'L'élément de Vieira da Silva est l'air (tout ce qu'elle a pu sembler décrire de la terre est poreux) - l'air qui joue autour des mâts, des cordages, qui tend les voiles sur les vergues, et qui mène les caravelles plus loin que les galions' (Jean Grenier, 'Vieira da Silva'. Essais sur la peinture contemporaine, Paris, 1959, p. 106).
Localisation
Dijon ; musée des beaux-arts