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Promenade vénitienne

Référence de la notice
01370013529
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
17 avril 2009
Date de mise à jour
23 février 2026
Rédacteur de la notice
Lévy Sophie
Crédits photographiques
© François Jay - musée des beaux-arts de Dijon
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
DG 493 ; 10 (DG 1976)
Domaine
Titre
Promenade vénitienne
Auteur
Précisions sur l'auteur
BONINGTON : Arnold, 1801 ; Londres, 1828
École (pays)
Angleterre
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1826
Genèse
objet en rapport
Historique
Cette composition a appartenu à Lewis Brown, un collectionneur de Bordeaux qui possédait beaucoup d'aquarelles de Bonington. Elle a été vendue à la dispersion de la collection dès le 17 avril 1837 à Paris, où tous les ouvrages ont été payés des prix considérables : 'Personnages vénitiens richement vêtus. Dans le fond, l'on voit un Palais. Les figures de ce dessin, auxquelles il ne nous est pas possible d'assigner une autre action que celle de gens de qualité qui se promènent, est puissant de ton et de couleur' peut-on lire dans le catalogue. Cette scène, dont il existe une copie au musée des Beaux-Arts de Besançon ('Personnages en costume d'apparat', inv. D 3348), a été gravée par Félix Bracquemond en 1863 sous le titre 'Promenade vénitienne d'après Bonington' (édité par l'Imprimerie A. Salmon). La composition est inspirée des fresques exécutées par le Titien à la Scuola del Santo à Padoue en 1510-1511, que Bonington a vues et copiées en mai 1826, lors de son voyage en Italie en compagnie du Baron River. Des dessins d'après ces fresques sont conservés au Castle Museum and Art Gallery de Nottingham. La figure féminine est une citation de la fresque 'Le Miracle du nouveau-né' et les deux personnages masculins à droite sont repris de la fresque 'Saint-Antoine guérissant les pieds d'un jeune homme'. Bonington a du reste exécuté une autre composition, plus compliquée et dans l'autre sens, sur ce thème, avec des personnages identiques : cette autre 'Scène vénitienne' est conservée à Londres à la Wallace Collection (n° P 674). Ce procédé qui consiste à reprendre textuellement des formes inventées par d'autres artistes et à les assembler dans une composition nouvelle ne doit pas surprendre : elle est coutumière à Bonington et à d'autres artistes et illustre littéralement la formule d'André Malraux : 'L'art se nourrit de l'art'. Dans une lettre adressée au critique Thoré-Bürger le 10 novembre 1861, Eugène Delacroix écrivait à propos de Bonington : 'Il tirait parti de toutes sortes de détails qu'il avait trouvés chez les maîtres et les ajustait avec une grande adresse dans sa composition. On y voit des figures presque entièrement prises dans des tableaux que tout le monde avait sous les yeux, et il ne s'en inquiétait nullement. Cette habitude n'ôte rien au mérite de ses ouvrages. Ces détails pris sur le vif, pour ainsi dire, et qu'il s'appropriait (il s'agit surtout de costumes), augmentaient l'air de vérité de ses personnages et ne sentaient jamais le pastiche.' (cité par A. Dubuisson, Bonington, Paris, 1927, p. 91). Il est d'ailleurs intéressant de rappeler ici la présence dans les collections dijonnaises d'un dessin à l'aquarelle de Delacroix, inspiré du 'Miracle du nouveau né' de Titien. Grand admirateur du maître vénitien qu'il copia à de nombreuses reprises, Delacroix, qui ne fit jamais le voyage en Italie, a sans doute connu cette oeuvre par les copies réalisées par son ami Bonington. La finesse de l'exécution, le raffinement des coloris, la clarté de la lumière sont caractéristiques de l'art de Bonington. L'aspect de miniature, les personnages en costumes évoquant la Renaissance italienne témoignent bien de ce goût pour l'Histoire qu'il partageait avec les artistes de sa génération
Localisation
Dijon ; musée des beaux-arts