Description
Verre conique en cristal supporté par une longue jambe taillée en gouttes, ornée de trois noeuds. L'inscription en lettres capitales 'VREEDE EN VRYHEYT' surmonte une Minerve en arme. Nous observons immédiatement le rapport idéal entre le profil général de la pièce et son décor gravé. Le pied en dôme le fait davantage ressembler à un socle, sur lequel se fixe une jambe étirée dans les limites de l'harmonie de l'ensemble. La recherche de l'aspect élancé de la jambe révèle le caractère ostentatoire de l'objet, destiné à mettre en valeur le décor du verre. Quoique le socle soit moins prononcé pour le verre à pied n° KA 1412 (Amsterdam, Museum Willet-Holthuysen), daté de la seconde moitié du XVIIIe siècle, il semble que ce genre de verre présente un profil régulier : un verre évasé sur une longue jambe taillée en gouttes. Les trois noeuds délicats sur le haut de la jambe de notre pièce apportent une touche d'originalité. Les deux pièces ont également en commun la composition et le type de décor gravé. L'aspect du verre sacralise les valeurs de ' la paix et de la liberté ', 'Vreede en vryheyt' en néerlandais, célébrées et défendues par la figure mythologique de Minerve. La gravure est relativement conforme à la représentation habituelle de la déesse. C'est cuirassée et armée des attributs des deux concepts dans chaque main, le glaive et le rameau d'olivier dans l'une et la lance dans l'autre, qu'elle s'en fait le défenseur. Nous rencontrons la même inscription sur la coupe couverte n° N.M.740 (Amsterdam, Rijksmuseum). L'explication d'une telle phrase est peut-être à rechercher dans l'histoire des Pays-Bas à la fin du XVIIIe siècle. Par le traité de La Haye ratifié en 1795, les Provinces-Unies deviennent une république, alliée de la France, contre laquelle elles ont lutté quelques années auparavant. La présence d'une tulipe, choisie pour remplacer le cimier, s'explique probablement par ses couleurs vives accentuant la gaieté de l'évènement. (Petit, 2005)