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POP | Plateforme ouverte du patrimoineEpée dite de Jeanne d'Arc ; Epée du temps de Charles VII (Cat 1883)
Epée dite de Jeanne d'Arc ; Epée du temps de Charles VII (Cat 1883)





Référence de la notice
01370033300
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
16 mai 2018
Date de mise à jour
23 février 2026
Rédacteur de la notice
Lhuillier Anne ; Bardin Dominique
Crédits photographiques
© Dijon, musée des beaux-arts
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
CA 1489 ; 1489 (Cat. 1883)
Domaine
Dénomination
Titre
Epée dite de Jeanne d'Arc ; Epée du temps de Charles VII (Cat 1883)
Auteur
École (pays)
France
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Historique
Sur la lame sont gravées les armes royales accostées de celles de la Ville d'Orléans, les mots : CHARLE SEPTIESME et VAUCOULEUR, ainsi que la date de 1419, cinq fois répétée, qui est celle de l'année de l'assassinat de Jean sans Peur. Il semble qu'il faille voir en cette épée un témoignage du culte porté à Jeanne d'Arc par les ligueurs sous le règne d'Henri III. ; Lame à deux tranchants, aigüe, et large au talon, quillons chevauchés l'un renversé sur la poignée, l'autre sur la lame, fusée courte, pommeau quadrangulaire taillé en diamant. On distingue de chaque côté de la lame les armes royales accostées de celle de la ville d'Orléans. ces armoiries sont surmontées d'un cartouche qui renferme les traces, encore très visibles, d'une figure armée agenouillée au pied d'une croix dans les branches de la quelle est entrelacée une couronne de fleurs. Une autre partie de la gravure, qui est restée plus distincte, est composée des noms : CHARLE SEPTIESME et VAVCOLVVEV, placés les deux premiers d'un côté de la lame dans la bande montante de la droite de l'encadrement du cartouche, et l'autre sur la face opposée, dans la bande correspondante. Près de la partie supérieure des cartouches est répétée cinq fois, et gravé plus profondément que le reste, la date 1419, qui est celle de l'année de l'assassinat de Jean sans Peur. On peut penser que cette épée étant tombée entre les mains d'un ennemi du roi, il a voulu ternir sa gloire en rappelant la scène sanglante du pont de Montereau. (Notice extraite du Catalogue du musée, 1883) ; La lame est un type XV d'après Oakeshott : section losangique et silhouette triangulaire en sont les principales caractéristiques. L'épaisseur est modérée : 6 mm à son maximum (rencontré à 15 cm de la garde - la partie ornée est moins épaisse), qui diminue progressivement jusqu'à la pointe. Cette dernière, contrairement à d'autres épées du même type, n'est pas particulièrement renforcée. Deux marques identiques de fabriquant ou de fourbisseur de 13,6 mm de long et 6,1 mm de large sont visibles sur les émoutures supérieure gauche et inférieure droite à 27,4 et 28 cm de la lame. Représentant une couronne surmontant une paire de ciseaux, elles sont placées pour être vues l'épée en pal. [...] Base de la lame entièrement recouverte par la décoration johannique semble ne pas être de même nature que le reste de la lame : les tranchants sont inexistants, carrés, et l'oxydation y paraît de nature différente : elle est plus prononcée, donnant une sorte de patine plus sombre à cette section. [...] Interprétation : Il semble certain que cet objet est basé sur une partie originale, dont tout porte à croire qu'elle date effectivement du début du XVe siècle : la partie distale de lame de type XV présente les proportions correctes de même que les petites imperfections affirmant son authenticité. Mais il semble également plus que probable qu'un rajout ait été soudé par-dessus le talon de la lame ' originelle ' : les lèvres de soudure, les variations d'épaisseur, les discontinuités de lignes et les différences d'oxydation vont en ce sens. Plus encore, cet ajout a rapproché de la pointe (ou éloigné de la garde) les marques de fabricant, les plaçant au tiers de la lame alors que sur d'autres épées de type XV ils se trouvent au quart. Au final, la longueur de la lame semble trop importante pour une arme à une main de ce type et de cette époque - d'autres exemples presque aussi longs sont connus, mais ces dimensions de lame conviennent davantage à une épée longue (qu'on peut tenir à deux mains). Les montures sont probablement un rajout ultérieur. La poignée filigranée pourrait dater du XVe siècle, mais en général on préfère à l'époque des têtes de turc aux viroles métalliques. La garde n'est pas fonctionnelle, pis encore pour le pommeau qui ne trouve d'ailleurs pas sa place dans les typologies médiévales - il serait plus à son avantage sur une claymore écossaise des XVIe-XVIIIe siècles. Fabrice Cognot 20/12/2010 ; Cette épée, d ont les inscriptions font évidemment allusion à Jeanne d'Arc, a suscité bien des hypothèses. D'abord prudemment désignée comme comme 'du temps de Charles VII ' (Saint-Mémin 1831), elle a été proposée, dans le contexte de la béatification de 1909, comme ayant pu appartenir à la Pucelle (Metman, 1911) : était-ce l'épée offerte par Robert de Vaucouleurs lors du départ de Jeanne pour Chinon, par Charles VII après son sacre, par la ville d'Orléans après sa délivrance, l'arme qu'elle portait à Compiègne lorsqu'elle fut prise par les Bourguignons ? Il est plus plausible d'y voir un témoignage du culte portée à Jeanne à Orléans et par les Guise à l'époque de la Ligue (La Martinière, 1933). Les examens plus récents (Martin, 1951 ; Cognot, 2010) révèlent le caractère composite de l'objet : la lame est formée de deux parties soudées datant du XVe siècle, mais dont la longueur totale est trop importante. La garde en S, la poignée filigranée et le pommeau ne sont ni cohérents, ni fonctionnels. (Sophie Jugie, avec la contribution de Fabrice Cognot pour exposition Paris 2011, L'épée au Moyen Age)
Localisation
Dijon ; musée des beaux-arts