Description
Calcaire taillé ; Ces quatre blocs (997.0.82.1 à 4) sont les seuls éléments conservés d'une fenêtre du château de Dijon. Il est possible de les identifier sur une photographie de la façade du côté de la ville de la porterie principale. Les blocs inv.997.0.82.1 et 2 correspondent aux bases dextre et senestre formant l'appui de la fenêtre ; le bloc inv.997.0.82.3 appartient au piédroit dextre et venait directement sur le bloc inv.997.0.82.1 ; enfin le bloc inv.997.0.82.4 est le linteau monolithe de la fenêtre. Sur les blocs 1 et 2 se distingue la feuillure marquant l'emplacement du cadre en bois de la fenêtre ; en avant se trouvent un tableau droit et un ensemble de moulures. Le bloc 3 se présente de l'intérieur vers l'extérieur : une partie de l'ébrasement, la feuillure, le tableau et l'ensemble de moulures. Cinq autres blocs faisant partie des piédroits ne sont plus connus à ce jour. Cette fenêtre, pratiquement rectangulaire (les deux angles supérieurs sont légèrement arrondis), est décorée par une mouluration prismatique. Les blocs 1 et 2 forment le socle, lui-même décoré d'un culot mouluré. Sur le bloc 3 se trouvent les bases d'une double moulure prismatique et l'amorce de ces moulures (seulement quelques centimètres). Cette mouluration se poursuit sur le linteau (bloc 4) où elle s'achève en accolade, doublée par deux autres moulures prismatiques toujours en accolade. La dernière déborde faisant ainsi fonction de larmier. Elle est décorée d'une succession d'éléments de feuillage. Le sommet de cette accolade est surmonté par la base prismatique d'un départ de pinacle. L'étude des sources concernant la construction du château indique que la courtine et la porterie, du côté de la ville, sont réalisées entre 1478 et 1481. La fenêtre de la porterie semble bien contemporaine de la construction originale et date donc de cette courte période. Cette fenêtre éclairait le premier étage de la porterie au dessus du passage de la porte charretière. Les blocs inv.997.0.82.1 à 3 présentent des trous pour le scellement de barreaux métalliques qui n'existent déjà plus sur le cliché du XIXe siècle. Ce sont également ces trous, effectués après la pose des blocs et visibles sur la photographie, qui ont permis de parfaire l'identification de ces pièces. (Emmanuel Laborier) (JANNET Monique et JOUBERT Fabienne (dir.), Sculpture médiévale en Bourgogne - Collection lapidaire du Musée archéologique de Dijon, EUD, 2000)