Historique
Ce tableau relate un épisode de la vie de Saint Grégoire le Grand (vers 540-604), popularisée au 13ème siècle par Jacques de Voragine dans 'La légende dorée'. A la fin du 6ème siècle, de terribles fléaux s'abattent sur Rome : les eaux du Tibre montent tellement que l'on croit à un déluge. Au retrait des eaux, Rome est frappée par une épidémie de peste sans précédent. Jacques de Voragine rapporte que, la peste sévissant à Rome, saint Grégoire le Grand 'ordonna que, le jour de Pâques, on promenât en procession, autour de la ville, l'image de la Vierge... Et aussitôt l'image sacrée dissipa l'infection de l'air, comme si la peste ne pouvait supporter sa présence.' Horace Le Blanc a ici remplacé l'icône de la Vierge peinte par saint Luc et provenant de Sainte-Marie Majeure (selon Jacques de Voragine), par une sculpture. Alors que la procession parvient aux alentours du mausolée d'Hadrien, un ange apparaît au-dessus de l'édifice : l'ange remet son épée dans son fourreau, signifiant par ce geste la fin de l'épidémie. Le mausolée d'Hadrien prend alors le nom de Château Saint-Ange et la statue de l'Empereur Hadrien conduisant un quadrige est remplacée par celle d'un ange. --- Grégoire le Grand, un des quatre Pères de l'Eglise, est patron des savants en raison de son érudition, et des musiciens, chantres et enfants de choeur en raison du chant grégorien. --- Le sujet de ce tableau est en rapport avec l'histoire locale. En effet, au début du 17ème siècle, Dijon subit une peste endémique dont les ravages sont tels qu'en 1633 Pierre Odebert et Odette Maillard décident de fonder un hospice, qui s'installe, à partir de 1803, dans le monastère des Bernardines. La date de 1625 est également fondatrice car c'est à cette époque que commence la construction du monastère. L'iconographie de ce tableau met en scène des objets aujourd'hui conservés dans les collections du musée comme les bâtons de procession ou les vêtements liturgiques. --- L'enfant de choeur situé au centre de la scène traduit le style de Palma le Jeune qui influença fortement Horace Le Blanc. Certains empâtements et les visages des personnages représentés à droite rappellent Blanchard qui fut élève d'Horace Le Blanc à Lyon, avant son départ pour l'Italie. On sait également que Blanchard termina des toiles commencées par son maître lorsque celui-ci se rendit à Paris en 1623-1624.
En 1851, les Jésuites ouvrent le collège Notre-Dame de Mongré, à Villefranche-sur-Saône, dans un château que leur a donné Marie-Thérèse-Françoise de la Barmondière (1755-1842). De nouveaux bâtiments, édifiés sur les plans de Louis Bresson (1817-1893) sont achevés vers 1865. On pouvait y voir, jusqu'au début du XXe siècle, cette composition d'Horace Le Blanc. Ce tableau est celui qui figurait dans l'inventaire Cambiaso (n°94) avec la description 'grand tableau peint sur toile représentant la Procession de St Grégoire le grand'. Joseph Cambiaso mourut à Lyon en 1818. Fils d'un fabricant de velours de la République de Gênes, il avait rempli, jusqu'à la Révolution, les fonctions d'agent de la cour de Parme à Lyon. Mais il était aussi connu comme un amateur d'art. Du fait de la minorité de son fils Jean lors de son décès, un inventaire des biens de Joseph Cambiaso fut dressé par un Commissaire-priseur à Lyon. Cet inventaire dénombra 984 tableaux. (Informartions extraites de 'Le cardinal Joseph Fesch, archevêque de Lyon', sous la direction de Paul Chopelin et Jean-Dominique Durand, Journées d'étude des musées Gadagne, 2015).