Historique
'L'usage est répandu, dans les cultes gréco-romains, comme dans toutes les religions où la prière consiste en une demande, d'offrir un présent en remerciement à la divinité. Il peut s'agir d'une inscription, rappelant le voeu, d'un sacrifice ou de son simulacre (par exemple une volaille en terre cuite au lieu d'un animal vivant) ou d'une figuration de la partie du corps qui a été guérie. Il est cependant difficile de systématiser tout cela : si nous avons dans le monde gallo-romain, et à Autun particulièrement, des inscriptions votives et des objets qui peuvent relever de ces pratiques, nous avons aussi que beaucoup de cas particuliers peuvent se présenter : le dieu est remplacé par son animal favori ou par son attribut; l'effigie d'une divinité est offerte à une autre divinité; bien souvent, en effet, le geste d'offrande prime sur la représentation. Partant de cela, il apparaît illusoire d'interpréter complètement les multiples figurines en terre blanche dont bon nombre ont été fabriquées à Autun : leur signification peut être religieuse (laraires familiaux, sanctuaires de source, tombes) mais tout aussi bien profane (bibelots, décoration, voire jouets). Elles nous renseignent sur une religion populaire, remontant sans doute à l'occupation pré-celtique de la Gaule et n'ayant pa été atteinte par les rapports postérieurs, culte de la fécondité surtout, sur lequel aucun texte ne nous éclaire, et qu'il serait vain de vouloir compare aux effigies de pierre ou de bronze : les divergences d'aspect ne sont en rien des maladresses de potiers, mais possèdent une signification bien réelle.' Autun, Augustodunum, 1987, pp.301-306