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Paul Gustave Louis Christophe Doré, dit Gustave Doré commence à treize ans de dessiner ses premières lithographies et, un an plus tard, est publié son premier album, « Les Travaux d’Hercule ». À quinze ans, il est engagé comme caricaturiste au « Journal pour rire » de Charles Philipon. En 1848, il débute au Salon avec deux dessins à la plume. Un an après, à la mort de son père, il est déjà très connu alors qu’il n’a que seize ans. Tout en restant en dehors des avant-gardes de son temps, notamment de l’impressionnisme, Doré va consacrer au paysage les dix dernières années de sa vie dans une voie personnelle, isolée, incomprise des critiques, qui révèlent cette vision cosmique. Il est fasciné par les paysages sauvages, notamment ceux de montagnes, comme les Alpes ou les Pyrénées. Cette attirance le conduit à exprimer la solitude de l’homme face aux éléments qu’il semble vouloir fusionner. Peinte probablement entre les deux voyages dans les Alpes que l’artiste, randonneur affirmé, fit en 1879 et en 1881. Cette œuvre illustre son intérêt pour le paysage « miroir de l’âme », hérité du romantisme de Paul Huet et sur tout de celui du peintre allemand Caspar David Friedrich. La stylisation des différents éléments du paysage, celle notamment des sapins aux formes effilées, rappelle l’importance du dessin dans la démarche de cet artiste qui, après avoir précisément observé le site et, après l’avoir étudié par le dessin, transpose sur la toile, de mémoire, une nature passée à travers le filtre de l’imaginaire. Il est important de préciser que Doré s’intéresse à ce sujet dès le début de sa carrière. Effectivement, cela commence par la commande de sept vues alpestres pour un décor de théâtre. Son sens indéniable de la mise en scène d’un sujet, qui souvent sert de toile de fond à ses grandes compositions historiques ou religieuses, est perceptible dans cette œuvre. [F. Bouré, 2017]
Exposition
Gustave Doré, un peintre-né, Musée du Monastère Royal de Brou de Bourg-en-Bresse
Lignes et couleurs - Chefs-d'oeuvre de la collection du Musée des Beaux-Arts de Reims, du XVIIe au XXe siècle, Seoul Arts Center
Gustave Doré 1832-1883, Musée d'art moderne de Strasbourg
L'Oeuvre de Doré, Musée de Brou de Bourg-en-Bresse
Exposition organisée par la Société des Amis des Arts de Reims, Salle du Cirque de Reims
Bibliographie
Le Guide. Chefs-d'oeuvre du musée des Beaux-Arts de Reims, Paris, 2017 (BOURE Francine, notice" L'Aube : souvenir des Alpes", page 104, reproduction couleur page 105.)
Gustave Doré un peintre-né , Paris, 2012 (cat.31, cité pages 93, 159, reproduction couleur page 93)
Lignes et couleurs - Chefs-d'oeuvre de la collection du musée des Beaux-Arts de Reims, du XVIIe au XXe siècle, Séoul, 2004 (cité page 110, reproduction couleur page 111)
Le musée des Beaux-Arts de Reims, Paris (cité page 58)
Gustave Doré, 1832-1883 , Strasbourg, 1983 (GEYER Marie-Jeanne, notice 208 pages 190-191, reproduction page 190)
Le Sentiment de la montagne, Issy-les-Moulineaux, 1998 (cité page 227, reproduction page 228)
VIATTE Germain, 1964 (cité p. 350)
Le Point, n°1629 - 5 décembre 2003, Paris, 2003/12/05 (cité p. 14)
Gustave Doré, 1963 (n° 125 p. 41)
LEBLANC Henri., 1931 (p. 553)
DEZE Louis, 1930 (p. 126 et 163)
Catalogue historique et descriptif du musée de Reims. Peintures, toiles peintes, pastels, gouaches & miniatures, Paris, 1909 (n° 197, p. 50)
Catalogue historique & descriptif du musée de Reims. Peinture, sculpture, dessins & toiles peintes précédés d'une introduction, Reims, 1881 (n° 248 (Ec. française) p. 220)
Explication des ouvrages de peinture, sculpture, architecture, litographie & photographie, Reims, 1880 (n°298 page 61)