Commentaires
Bien peu d’éléments assurés permettent de retracer la vie de Marinus van Reymerswaele. Originaire de Zélande et probable fils du peintre Claes van Zierikzee, c’est sans doute lui que l’on trouve inscrit en 1509 au sein de la guilde de Saint-Luc à Anvers, confrérie réunissant de nombreux artistes de la ville. Très influencé par Quentin Metsys, dont il ne semble pas avoir suivi directement les enseignements, Van Reymerswaele s’est principalement illustré au cours des années 1530-1540 dans la peinture de genre, excellant dans la composition de portraits satiriques de collecteurs d’impôts, hommes de loi et changeurs de monnaies, déclinés dans de nombreuses versions. Il y pousse jusqu’à l’extrême, dans une veine expressionniste, les représentations de la cupidité, de la dureté et de la suffisance satisfaite, particulièrement attentif à la laideur des visages qui exprime celle des âmes. Cette même aptitude se révèle, dans un autre registre, par les peintures religieuses réalisées par l’artiste : saint Jérôme en constitue, avec la vocation de saint Matthieu, le sujet récurrent. Le saint est ici représenté dans un cabinet où crâne, chandelle éteinte, Christ sur la croix et annonce du Jugement dernier concourent à souligner la brièveté de la vie terrestre. Devant l’Évangile de Matthieu, ouvert au chapitre XXV, verset 31 annonçant la venue du Christ pour juger les hommes, Jérôme est presque couché sur la table, appuyé sur le coude, la main droite en suspens, entièrement absorbé par la contemplation attentive du crucifix, à moins qu’il ne s’agisse de l’illustration placée en regard du texte. Celle-ci est directement reprise de la trente-sixième et dernière gravure de la série de la " Petite Passion" d’Albrecht Dürer, réalisée en 1511. Parmi les différentes variations du thème de saint Jérôme, celle de Reims, sans pouvoir être attribuée à l’artiste, fait partie des meilleures copies de cette composition dont une dizaine est connue, à l’instar des œuvres de Budapest, Philadelphie et Stockholm, ou de celle figurant dans une collection privée allemande qui pourrait en constituer l’original. [G. Magnier, 2017]
Exposition
Animals in art Japan and europe Dürer, Jakuchu, Chagall and Okyo, Fuchu Art Museum
Parcours livresque, Musée des Beaux-Arts de Reims
Bibliographie
Pour l'amour de la peinture. Observer, découvrir, transmettre, Bouvellemont, 2019 (Cité et reproduction couleur page 28, détail couleur page 29)
Le Guide. Chefs-d'oeuvre du musée des Beaux-Arts de Reims, Paris, 2017 (MAGNIER Georges, ʺXVe-XVIe siècleʺ pages 12-13, notice "Saint Jérôme" page 14, cité page 13, reproduction couleur (détail) page 14, reproduction couleur page 15.)
Paul Bocquet. Paysagiste champenois 1868-1947. Notes et souvenirs, Saint-Gély-du-Fesc, 2018 (cité pages 14-15.)
Étude du Saint Jérôme du Musée des Beaux-Arts de Reims, Reims, 1996/10 (Fiche pédagogique avec reproduction.)
Parcours livresque, Reims, 1991 (Fiche pédagogique avec reproduction.)
Revue Française, 1960 (GUILLOUËT J., "Jean Bellejambe et les Maîtres des anciens Pays-Bas". Tiré à part (source non trouvée).)