Commentaires
Il s’agit là d’une copie ancienne et partielle d’un tableau de Pierre Paul Rubens, « Faune et Nymphe », connu par une estampe d’Alexander Voet le Jeune. Plusieurs versions en sont conservées, à Dresde, à La Haye, à Anvers au musée Mayer van den Bergh notamment. Une autre était sur le marché de l’art en 2017. Ces copies de qualité, d’apprentissage ou de collections, sont légion dans la peinture ancienne européenne. Satisfaisant des collectionneurs séduits par une œuvre inaccessible, elles restaient de vrais tableaux qui, pour les meilleurs, conservaient à leurs yeux l’essentiel des qualités de l’original. Le thème du satyre est fréquent dans l’œuvre deRubens et de Jacob Jordaens à qui le tableau a longtemps été attribué. C’est l’occasion de représenter un corps plantureux à la trogne empourprée. Le jaune et le rose, généreusement beurrés sur le buste et le haut des bras, se mélangent aux ombres colorées, rougeoyantes avec quelques reflets grisâtres. La générosité de la matière est caractéristique de l’art de ces peintres. La corbeille de fruits est bien sûr l’autre morceau de bravoure de l’œuvre. À l’instar des animaux et des paysages, elle est fréquemment, dans les compositions rubéniennes, confiée à un autre artiste. Là non plus, le peintre n’a pas rechigné devant les empâtements. C’est le cas sur les pêches notamment. Notons le rouge vif de la pomme à demi cachée par les raisins et la clarté du poignet de la main droite, mais aussi les effets de transparence sur les raisins. De part et d’autre du personnage, des taches claires égaient la pénombre : la feuille de vigne ver t clair un peu empâtée, en bas à droite, et la trouée vers le ciel encombré d’un nuage gris bleuté, à gauche. Il se pourrait que ce dernier soit un ancien repeint de pudeur masquant la nudité de la bacchante présente sur l’estampe reproduisant l’original. Seule une radiographie pourrait en rendre compte. [P. le Chanu, 2017] ; Il s’agit là d’une copie ancienne et partielle d’un tableau de Pierre Paul Rubens, Faune et Nymphe, connu par une estampe d’Alexander Voet le Jeune Le thème du satyre est fréquent dans l’oeuvre de Rubens et de Jacob Jordaens à qui le tableau a longtemps été attribué. C’est l’occasion de représenter un corps plantureux à la trogne empourprée. Le jaune et le rose, généreusement beurrés sur le buste et le haut des bras, se mélangent aux ombres colorées, rougeoyantes avec quelques reflets grisâtres. La générosité de la matière est caractéristique de l’art de ces peintres. La corbeille de fruits est bien sûr l’autre morceau de bravoure de l’oeuvre. À l’instar des animaux et des paysages, elle est fréquemment, dans les compositions rubéniennes, confiée à un autre artiste. Là non plus, le peintre n’a pas rechigné devant les empâtements. C’est le cas sur les pêches notamment. Notons le rouge vif de la pomme à demi cachée par les raisins et la clarté du poignet de la main droite, mais aussi les effets de transparence sur les raisins. De part et d’autre du personnage, des taches claires égaient la pénombre : la feuille de vigne ver t clair un peu empâtée, en bas à droite, et la trouée vers le ciel encombré d’un nuage gris bleuté, à gauche. Il se pourrait que ce dernier soit un ancien repeint de pudeur masquant la nudité de la bacchante présente sur l’estampe reproduisant l’original. Seule une radiographie pourrait en rendre compte.
Exposition
Masterpieces from Musée des Beaux-Arts, Reims, Nagoya City Art Museum
Masterpieces from Musée des Beaux-Arts, Reims, Musée Prefectural Art Museum de Yamaguchi
Masterpieces from Musée des Beaux-Arts, Reims, Togo Memorial Sompo Japan Nipponkoa Museum of Art de Seiji
Masterpieces from Musée des Beaux-Arts, Reims, Hiroshima Museum of Art
Masterpieces from Musée des Beaux-Arts, Reims, Fukui Fine Arts Museum
Masterpieces from Musée des Beaux-Arts, Reims, Shizuoka City Museum of Art
Masterpieces from Musée des Beaux-Arts, Reims, Prefectural Museum of Art de Kumamoto
1913-2013 : 100 ans, 52 000 oeuvres, Musée des Beaux-Arts de Reims
Lignes et couleurs - Chefs-d'oeuvre de la collection du Musée des Beaux-Arts de Reims, du XVIIe au XXe siècle, Seoul Arts Center
La vigne, le vin, ivresse de l'art, Le Louvre des Antiquaires
Bibliographie
Le Guide. Chefs-d'oeuvre du musée des Beaux-Arts de Reims, Paris, 2017 (LE CHANU Patrick, notice "Satyre", page 58, reproduction couleur page 59.)
Chefs-d’œuvre du musée des Beaux-Arts de Reims , Tokyo, 2016 (N°7, cité et reproduction couleur page 43.)
Lignes et couleurs - Chefs-d'oeuvre de la collection du musée des Beaux-Arts de Reims, du XVIIe au XXe siècle, Séoul, 2004 (Notice page 40, reproduction couleur page 41.)
Le musée des Beaux-Arts de Reims, Paris (N°39, cité et reproduction couleur page 46.)
Bulletin des musées et monuments lyonnais, 1 - 2000, Lyon, 2000 (LOBSTEIN Dominique, "Alfred Baillehache-Lamotte et le legs de - La Chaste Suzanne - de Gustave Moreau au musée des Beaux-Arts de Lyon", cité pages 26 et 29.)
La vigne, le vin, ivresse de l'art , Paris, 1993 ((source non trouvée). Disponible à la bibliothèque Carnegie, Reims, cote : M 55914.)
Mytho ! Exposition Jeune Public, Reims, 2018 (Reproduction couleur et cité page 9, détail couleur page 14.)