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Formé à l’académie Julian et à l’École des beaux-arts de Paris, Pierre Bonnard appartient, avec Maurice Denis et Édouard Vuillard, au groupe des nabis. Ce mouvement artistique propose de nouvelles créations privilégiant des formes simplifiées et des couleurs vives, dans l’esprit des estampes japonaises qui circulent à l’époque, et dans la lignée des recherches de Paul Gauguin. Le musée conserve un dessin typique de ce style audacieux, dernière esquisse de la célèbre affiche « France-Champagne ». L’artiste s’essaye à toutes les techniques lorsqu’en 1893 il rencontre Maria Boursin, dite Marthe de Méligny, qui devient sa muse et bientôt sa femme. Toute sa vie durant, il ne cesse de peindre leur quotidien, moments banals mettant en scène des proches et des lieux agréables, à l’image de leur milieu favorisé, bourgeoisie cultivée et sage. Ainsi, de la Normandie à la Côte d’Azur, privilégiant l’intime et l’instant anodin, Bonnard devient le chantre des lumières et le peintre de l’Arcadie. Dans ce tableau du début du XXe siècle, l’artiste représente la future Mme Bonnard et son chien Ubu dans un champ venteux. Le sujet est traité avec un sens particulier de l’observation, mêlant simplicité et sensualité. Ce qui intéresse le peintre, ce n’est pas la femme élégante mais bien la chaleur et la tendresse de ce moment suspendu. Les touches impressionnistes, imprégnées de couleurs chaudes, enveloppent la scène dans une sorte de rêverie langoureuse. Ce portrait s’inscrit dans la suite de ceux de Marthe avec un chien ou un chat, illustrant un moment de complicité et de mélancolie capté et partagé par le peintre. En effet, en dehors de son épouse, aux traits toujours cachés par l’artiste, les animaux de compagnie, et plus largement les bêtes, sont indissociables de son œuvre, preuve de sa tendresse si particulière pour eux. [M.-H. Montout-Richard, 2017]
Exposition
Animals in art Japan and europe Dürer, Jakuchu, Chagall and Okyo, Fuchu Art Museum
Lignes et couleurs - Chefs-d'oeuvre de la collection du Musée des Beaux-Arts de Reims, du XVIIe au XXe siècle, Seoul Arts Center
La Peinture Française du XVIIe au XIXe siècle dans les collections du musée des Beaux-Arts de Caen et du musée Saint-Denis de Reims
Autour d'une acquisition : Bonnard, Musée d'Unterlinden de Colmar
Donation Paul Jamot, Musée de l'Orangerie de Paris
Bibliographie
Le Guide. Chefs-d'oeuvre du musée des Beaux-Arts de Reims, Paris, 2017 (MONTOUT-RICHARD Marie-Hélène, notice "La Femme au chien", page 128, reproduction couleur page 129.)
Lignes et couleurs - Chefs-d'oeuvre de la collection du musée des Beaux-Arts de Reims, du XVIIe au XXe siècle, Séoul, 2004 (cité et reproduction couleur page 158.)
Le musée des Beaux-Arts de Reims, Paris (N°82 reproduction couleur page 77, cité page 80.)
La Peinture Française du XVIIe au XIXe siècle dans les collections de musée des Beaux-Arts de Caen et du musée Saint-Denis de Reims, Tokyo, 1989 (POMARÈDE François, N°164 notice "La Femme au chien" page 167 (en japonais) et pages 175-176 (en français), reproduction couleur page 167.)
Autour d'une acquisition : Bonnard, Colmar, 1982 (N°6 cité (absence de pagination).)
Donation Paul Jamot, Paris, 1941 (N°5 cité page 14.)
Journal L'Union, 25 janvier 1967, Reims, 1967/01/25 (CLAISSE Hubert, "Une affiche consacrée au champagne et qui entraîna la vocation de Lautrec, fut l'une des premières oeuvres de Pierre Bonnard à qui Paris rend hommage vingt après sa mort", cité et reproduction (absence de pagination).)
Lectures pour tous. Revue universelle et populaire illustrée , Paris, 1961/04 (CABANNE Pierre, "Pierre Bonnard : la volupté de peindre", reproduction page 75 (source non trouvée).)