Description
Charles-Louis-Fleury Panckoucke (1780-1844) est une figure importante du monde de l'édition et du collectionnisme du premier XIXe siècle. Fils du célèbre éditeur Charles-Joseph Panckoucke (1736-1798), il réunit tout au long de sa vie une remarquable collection d'antiquités et d'œuvres d'art, conservée à la fois dans son hôtel particulier parisien et dans sa propriété de Meudon, située dans le quartier du Val-Fleury, où une rue porte encore aujourd'hui son nom.
En 1841, il publie un catalogue intitulé Collection d'antiquités égyptiennes, grecques et romaines, d'objets d'art du XVe siècle, vases et coupes grecs, manuscrits, tableaux et gravures, réunis et classés par C.-L.-F. Panckoucke, témoignage exceptionnel de l'ampleur et de la diversité de ses collections. Amateur érudit et personnalité originale, il avait même envisagé son propre tombeau sous la forme d'un monument d'inspiration égyptienne installé dans sa propriété meudonnaise. Ce projet ne fut finalement pas réalisé et ses héritiers lui préférèrent une sépulture plus conforme aux usages au cimetière de Meudon.
Par testament, Panckoucke légua à la Ville de Meudon ses collections ainsi qu'une importante somme d'argent destinée à la création d'un musée municipal dont l'ouverture était prévue cent ans après son décès, soit en 1944. Le testament ayant été contesté par son fils Ernest, un long procès s'ensuivit, au terme duquel la municipalité fut déboutée. Les collections demeurèrent donc dans la famille avant d'être progressivement dispersées lors des ventes successives des propriétés familiales.
La propriété de Meudon resta habitée jusqu'après la Seconde Guerre mondiale, notamment par la veuve de Panckoucke puis par la famille Hunebelle. Lors de sa destruction en vue de l'édification d'ensembles immobiliers, en 1953, plusieurs œuvres provenant des collections anciennes furent retrouvées. Certaines étaient encore conservées dans la demeure, comme une cheminée composée de cariatides et d'un linteau du XVIe siècle ; d'autres furent découvertes dans le jardin, dissimulées par la végétation, notamment une table d'offrande égyptienne datée du VIIe siècle avant notre ère. Rapportés au musée par l'entrepreneur et les ouvriers du chantier, ces objets constituent aujourd'hui, avec une aquarelle d'Ernestine Panckoucke, élève de Pierre-Joseph Redouté, le principal témoignage matériel conservé à Meudon de cette famille et de ses collections.
Grâce au catalogue publié en 1841, une partie importante de la collection Panckoucke peut être identifiée. On peut notamment citer l'exceptionnel ensemble de 398 vases antiques aujourd'hui conservé au musée de Boulogne-sur-Mer, ainsi qu'une sculpture égyptienne et un vase grec conservés au musée du Louvre (E 18967 et CA 486). D'autres pièces sont conservées à la Bibliothèque nationale de France ou encore au Metropolitan Museum of Art de New York
Au-delà de la collection d'antiquités réunie par Charles-Louis-Fleury Panckoucke, ce buste témoigne également de l'attention portée par la famille à sa propre représentation. Héritier d'une dynastie d'éditeurs fondée par Charles-Joseph Panckoucke, C.-L.-F. Panckoucke commande plusieurs portraits sculptés destinés à célébrer les principaux membres de son entourage familial.
Le présent buste s'inscrit dans cet ensemble, qui comprenait notamment le portrait en marbre d'Ernest Panckoucke (1808-1886), son fils, réalisé par Louis-Marie Guichard en 1830 et aujourd'hui conservé au musée de l'Ermitage, ainsi que le buste de Charles-Joseph Panckoucke réalisé par Frédéric Lemot en 1822. Ces bustes ornaient le vestibule de l’hôtel particulier parisien des Panckoucke.
Guichard executa également en 1829 le buste de Désiré Dalloz, neveu de C-L-F Panckoucke, actuellement exposé dans la mairie de Septmoncel (Jura) et en 1831 le buste d’Antoine-Marie Peyre, beau-frêre de C-L-F Panckoucke, dont la localisation actuelle est inconnue.
Grâce à cette donation, les collections du musée s'enrichissent d'une œuvre directement liée à l'une des familles marquantes de l'histoire culturelle de Meudon. Elle vient compléter les quelques témoignages déjà conservés de la présence des Panckoucke dans la ville, notamment les objets issus de leur ancienne propriété du Val-Fleury et l'aquarelle d'Ernestine Panckoucke.
Au-delà de son intérêt historique et mémoriel, le buste présente de remarquables qualités artistiques. La sobriété de la composition, la finesse du modelé et la qualité d'exécution sont caractéristiques de l'art de Louis-Marie Guichard. Portraitiste reconnu, élève d'Augustin Pajou, il mène une carrière partagée entre la France et la Russie, où il réalise plusieurs effigies de membres de la famille impériale et de l'aristocratie. Cependant, son travail demeure aujourd'hui relativement peu connu en France.