Ministère
de la Culture
POP | Plateforme ouverte du patrimoineLe Christ porté au tombeau
Le Christ porté au tombeau



Référence de la notice
05620000447
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
13 juin 2008
Date de mise à jour
23 février 2026
Crédits photographiques
Daniel Martin
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
2004 1 286 ; 284 (Ro)
Domaine
Dénomination
Titre
Le Christ porté au tombeau
Auteur
Précisions sur l'auteur
TOURNIER : Montbéliard, 1590 ; Toulouse, 1639
École (pays)
France
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1632-1635
Historique
L'église des Pénitents noirs de Toulouse comprenait un ensemble exceptionnel de peintures de Tournier, dont ne survivent que ce tableau et la 'Bataille des Roches rouges'. En effet, le 'Christ porté au tombeau' entourait avec son pendant, le 'Portement de croix', le 'Christ en croix' qui ornait le maître-autel de l'église. Tournier choisit pour cette composition un dispositif scénique d'une grande étrangeté avec deux marches et un bloc de pierre traités comme des cubes géométriques. Devant la première marche se détachent les armoiries des Courtois de Catel (cette indication n'a malheureusement pas permis de dater et préciser la commande) et la touffe de végétation caractéristique de l'artiste. Sur cette marche sont posés une aiguière et un plat presque identiques à ceux du 'Christ descendu de la croix' (musée des Augustins, Ro 283). Sur la deuxième marche, Nicodème et Joseph d'Arimathie portent le corps du Christ. Sur le cube qui symbolise le tombeau du Christ est placé un simple linceul. Jamais Tournier n'a construit une composition avec un tel esprit de synthèse. Renonçant à toute anecdote et à tout commentaire narratif, il sélectionne des symboles éloquents et universels et crée un effet de distanciation. Les types physiques des personnages deviennent, de manière encore plus marquée dans ces oeuvres ultimes, des stéréotypes. La scène est violemment éclairée sur un fond sombre et bouché. L'ombre s'étend de manière arbitraire sur une partie des visages ou sur la moitié du bras tendu du Christ. Les seuls éléments de couleur sont donnés par les vêtements avec de belles idées de coloriste comme le bleu clair de la ceinture dont on retrouve l'écho dans le turban. La Bataille étant restée inachevée à la mort de l'artiste, on peut penser que le Christ porté au tombeau lui est immédiatement antérieur. Malgré les maladresses relevées, ce tableau est bouleversant dans sa simplicité et sa grandeur. Le seul véritable équivalent est la Mise au tombeau du Caravage à la Pinacothèque Vaticane. La vision de Tournier reste unique par la solennité de son silence. Il faut néanmoins déplorer l'état de ce tableau transposé qui ne transmet plus que l'écho de l'idée originelle de Tournier. L'état actuel paraît malheureusement irréversible. © musée des Augustins (D. Martin).
Localisation
Toulouse ; musée des Augustins