Précisions sur les inscriptions
inscription (latin) : DEO / ILVRONI / MAXUMA / FLORI. FIL / V.S.L.M. A noter qu'à la cinquième ligne, le V et le S sont séparés par une feuille de lierre, le L et le M par une fleurette. Deo Iluroni, Maxuma, Flori fil(ia), v(otum) s(olvit) l(ibens) m(erito)., traduction : "Au Dieu Iluro, Maxuma, fille de Florus, a acquitté ce voeu de bon gré, comme de juste."
Description
Toutes les faces de l'autel ont fait l'objet d'un même traitement, elles ont été polies très soigneusement (finition lisse au toucher). Base Sur la face antérieure de la base, l'angle gauche est brisé et l'arête inférieure est très abîmée. Modénature : rainure d'onglet, ovolo renversé, listel plat, doucine renversée, filet renversé sur les quatre faces. Couronnement Le coussin a été soigneusement arasé au niveau de la corniche, les traces d'outil sont encore visibles. - Corniche : les angles de la corniche sont légèrement érodés, les moulures sont très bien conservées. Modénature : le couronnement est débordant par rapport au corps. Cavet droit, listel plat, doucine droite, bandeau renversé sur les quatre faces. ÉPIGRAPHIE Deo / Iluroni, / Maxuma, / Flori fil(ia), / u(otum) s(oluit) l(ibens) m(erito) . Au dieu Iluro, Maxuma, fille de Florus, s'est acquittée de son vœu de bon gré et avec une juste reconnaissance. Ordinatio et paléographie Le lapicide a soigné l'ordinatio, qui n'est cependant pas complètement réussie. Les lignes sont en effet centrées les unes par rapport aux autres, mais l'inscription se trouve globalement trop décalée à gauche par rapport à l'espace disponible en fin de lignes. Les trois dernières lignes de texte penchent vers la droite, en particulier la ligne 3. La gravure est profonde et régulière, et les lettres sont de petites capitales carrées. Les M, aux jambages obliques, sont très larges et les O ont une forme bien circulaire. Les points de séparation sont des triangles bien marqués, sauf à la ligne 5 où les premier et troisième points sont matérialisés respectivement par une hedera (la tige et la feuille sont liées) et une fleur stylisée (composée d'une tige et de six points). Les empattements, gravés aussi profondément que le reste des lettres, ont une forme en V (bien visible aux extrémités du V de la ligne 3 et du L de la ligne 4) qui a pour conséquence d'aplatir le sommet des M, N et A. H. des lettres : l. 1 : 2 à 2,2 ; l. 2 : 1,9 ; l. 3 : 1,9 à 2 ; l. 4 : 1,7 à 1,8 ; l. 5 : 1,7 à 2. COMMENTAIRE Le nom de la divinité, Iluro(n), a été naturellement rapproché du toponyme antique Iluro, connu par l'Itinéraire Antonin, qui le situe sur la uia a Beneharno ad Caesaraugustum (voie de Lescar à Sarragosse), à douze lieues (26,4 km) de Beneharnum (Lescar). Le nom figure également sur une inscription rupestre d'Urdos en vallée d'Aspe (CIL XIII, 8894), située en bordure de la voie antique. Ces divers indices désignent la ville actuelle d'Oloron comme l'antique Iluro, qui fut un vicus des Tarbelli avant de devenir, peut-être au IVe siècle, capitale d'une des douze cités de Novempopulanie . R. Lizop attribuait la même étymologie, Iluro, au toponyme Louron (vallée de la Neste-du-Louron) et interprétait le radical ilur- comme une variante de ili-, racine du basque iri, uri, la cité . Le terme se rencontre également sur des inscriptions de Bétique comme de Tarraconnaise (CIL II, 1945, Malaga ; CIL II, 4616, Barcelone) . Il a été rapproché de l'élément ibère iltur/ildur-, transformé dans les inscriptions ou les textes latins en ilur-, évolution clairement dessinée par L. Michelena . Ces analyses, qui témoignent de la présence d'éléments ibères dans la langue aquitanique et illustrent la pérennité de celle-ci dans la toponymie, ne sont guère d'un grand secours pour déterminer la personnalité de la divinité, connue par la seule inscription de Mondilhan, dans la vallée de la Save, donc éloignée des hautes vallées du Louron ou des gaves d'Ossau et de Pau. La dédicante Maxuma, pérégrine libre, porte, comme son père Florus, un surnom latin répandu. La graphie Maxumus/a est cependant plus rare que la graphie ordinaire Maximus/a . Laetitia Rodriguez et Robert Sablayrolles, 2008