Précisions sur les inscriptions
dédicace (latin), corps et base : Inscription sur six lignes, D[EO] / GARRI / GEMIN/VS SER / VTSLM // ET PRO S / CONSER, D(eo) / Garri, / Gemin/us ser(vus), / v(o)t(um) s(olvit) l(ibens) m(erito) // et pro s(alute) conser(vorum)., traduction : Au dieu Garr, Geminus, esclave, s'est acquitté de son voeu de bon gré et avec une juste reconnaissance, et pour la sauvegarde de ses compagnons d'esclavage. ( lecture L. Rodriguez, R. Sablayrolles, cat. 2008, n°152)
Description
Toutes les faces de l'autel ont été grossièrement polies. Base La base a été retaillée sur les faces latérale gauche et postérieure. Modénature : chanfrein renversé sur les faces antérieure et latérale droite. Corps Une bande verticale a peut-être été dégagée au ciseau le long du bord gauche de la face latérale droite du corps. ÉPIGRAPHIE Le corps est brisé en biais au niveau de la première ligne du texte. L'inscription débute sur le corps et se poursuit sur la base. D[eo] / Garri, / Gemin/us, ser(uus), / u(o)t(um) s(oluit) l(ibens) m(erito), // et pro s(alute) conser(uorum). Au (dieu) Gar, Geminus, esclave, s'est acquitté de son voeu de bon gré et avec une juste reconnaissance, et pour la sauvegarde de ses compagnons d'esclavage. Ordinatio et paléographie La mise en page est médiocre : le texte n'est pas bien aligné à gauche, l'espacement des lettres est variable, certaines lettres sont gravées au-dessus et en-dessous de la ligne, ce qui indique l'absence d'utilisation de lignes-guides. La gravure est profonde, les lettres sont de forme et de taille irrégulières. Plusieurs particularités paléographiques peuvent être relevées : les jambages des M et des N sont tous obliques, la barre verticale des G descend sous la ligne et les S penchent vers la droite. Les obliques droites des A, les jambages droits des M et les jambages centraux des N prennent appui sur ceux de gauche. Les obliques des V forment presque un angle droit, et la forme des O est bien circulaire. H. des lettres : l. 1 : 3,7 ; l. 2 : 3,6 ; l. 3 : 3,8 à 4,7 ; l. 4 : 3,3 à 3,6 ; l 5 (base) : E et T : 4 ; O : 4,4 ; P, R et S : 4,7 ; l. 6 : 4,1 à 4,6. COMMENTAIRE Le nom de la divinité, Garri, est également attesté, sous la forme Garre, sur un autel découvert près de Notre-Dame d'Esputs, sur les pentes du massif du Gar, au-dessus de Chaum (Haute-Garonne). La relation entre le théonyme et le nom actuel des pointes calcaires qui dominent la faille nord-pyrénéenne près de Saint-Béat est évidente et a fait l'objet de nombreux commentaires, pas toujours appropriés . Il ne faut pas, en effet, sur la seule foi du rapprochement entre théonyme et toponyme, imaginer le dieu antique comme une divinisation de la montagne, aussi majestueuse soit-elle. Le nom du pic (ou, plus vraisemblablement, du massif) a pu dériver du théonyme bien après l'Antiquité ou les deux vocables peuvent avoir eu une origine commune, sans pour autant être assimilables l'un à l'autre . Les rapprochements linguistiques qui ont été esquissés avec des termes basques modernes paraissent sans fondement . Le lien avec le toponyme Garraux, de la commune Bezins-Garraux, au pied du pic, est plus vraisemblable, mais la recherche de parallèles lointains comme Le Garros près d'Auch ou Garrues en Navarre n'a de valeur que dans une analyse linguistique et ne saurait servir d'argument dans la reconstruction d'une personnalité divine dont l'influence était probablement limitée à la collectivité locale qui l'honorait . La découverte, mal située, d'un fragment de socle et d'un autel votif anépigraphe, dans une combe au pied du sommet, ne suffit pas à reconstruire là un sanctuaire, et les prospections et sondages entrepris par G. Fouet dans ce secteur se révélèrent, pour l'essentiel, infructueux . En l'état actuel des connaissances, il faut se limiter à inclure la divinité Garr(e) dans le panthéon des dieux convènes, à lui reconnaître deux formes, l'une indéclinable ou de datif aquitanique (Garre), l'autre adaptée à la troisième déclinaison latine (Garri) . Le lien avec le toponyme actuel, Gar, fait aussi partie des certitudes, sans que, pour autant, il faille assimiler totalement le dieu antique à la montagne et en faire un dieu de l'élément naturel . La dédicace est offerte par un esclave, Geminus, qui associe ses compagnons d'esclavage aux bienfaits attendus de son offrande. Le surnom, latin, est commun et répandu. L'association de conservi témoigne de l'existence d'exploitations économiques (agricoles, extractives, artisanales ou autres) fondées sur le système esclavagiste, ce qui n'a rien de surprenant. À la dernière ligne, la restitution pro s(alute) cons(eruorum) est préférable à pro s(uis) conseru(is) : pro suis n'aurait pas eu besoin d'être abrégé et, pour qualifier les bénéficiaires de la protection divine, on aurait usé plutôt du datif seul (sibi et suis conseruis), alors que la formule pro s(alute) est fréquente. Laetitia Rodriguez et Robert Sablayrolles, 2008. L’autel est brisé en biais au niveau du corps et seule subsiste la partie inférieure. L’inscription débute sur le corps et se poursuit sur la base. La mise en page est médiocre, la gravure est profonde, mais les lettres sont de forme et de taille irrégulières. D[eo] / Garri, / Gemin/us ser(vus) / v(o)t(um) s(olvit) l(ibens) m(erito), / et pro s(alute) conser(vorum). Au dieu Gar, Geminus, esclave, s’est acquitté de son voeu de bon gré et avec une juste reconnaissance, et pour la sauvegarde de ses compagnons d’esclavage. Le nom de la divinité, Garri, est également attesté, sous la forme Garre, sur un autel découvert dans les pentes occidentales du massif du Gar, au-dessus de Chaum (Haute-Garonne). La relation entre ce nom et celui que portent de nos jours les pointes calcaires qui dominent la faille nord-pyrénéenne près de Saint-Béat est évidente. Il ne faut pas, pour autant, sur la seule foi du rapprochement entre théonyme et toponyme, suivre les hypothèses des folkloristes et imaginer le dieu antique comme une divinisation de la montagne : le nom du pic (ou, plus vraisemblablement, du massif) a pu dériver du théonyme bien après l’Antiquité ou les deux vocables peuvent avoir eu une origine commune, sans pour autant être assimilables l’un à l’autre. La dédicace est offerte par un esclave, Geminus, qui associe ses compagnons d’esclavage aux bienfaits attendus de son offrande. Ce groupe d’esclaves (conservi) témoigne de l’existence d’exploitations économiques (agricoles, extractives, artisanales ou autres), fondées sur le système esclavagiste. Claudine Jacquet et Laetitia Rodriguez, 2008. ; Partie inférieure d'un autel votif épigraphe. Base incomplète sur le côté gauche (les premières lettres ont disparu) et l'angle arrière droit. L'inscription est gravée sur six lignes, les deux dernières lignes étant rejetées sur la base. La gravure est profonde mais irrégulière. Les caractères sont haut (de 3 à 5 cm). Claudine Jacquet, 2006