Précisions sur les inscriptions
dédicace (latin), corps : BAIGORI / XO DEO/ VERANVS / SERANI / V.S.L.M., Baigori/xo deo, Veranus Serani (filius), v(otum) s(oluit) l(ibens) m(erito)., traduction : Au dieu Baigorixus (ou Baigorixo), Veranus, fils de Seranus, s'est acquitté de son voeu de bon gré et avec une juste reconnaissance. (trad. L. Rodriguez, R. Sablayrolles, cat. 2008, n°36)
Description
L'autel a été poli sur toutes les faces, plus soigneusement sur les faces latérales et antérieure que sur la face postérieure. Base Sur la face antérieure de la base, l'arête verticale droite est brisée, avec ses deux angles. Sur la face postérieure, les angles inférieurs et supérieur gauche sont également brisés. Les autres arêtes sont légèrement érodées. Modénature : rainure d'onglet, ovolo renversé, listel plat, doucine renversée sur les quatre faces. Corps Les arêtes du corps sont légèrement érodées. Couronnement - Corniche : les quatre angles et le côté droit de la corniche sont brisés. Modénature : cavet droit, cavet droit, bandeau renversé sur les quatre faces. - Coussin : le coussin se compose d'un bandeau d'attique plus large que haut, encadré de deux pulvilli, le droit entièrement arasé, le gauche très fragmentaire. Ils étaient nettement séparés du bandeau d'attique sur les faces latérales et décorés sur le dessus de stries courbes concentriques. La face supérieure du coussin est plane entre les pulvilli. ÉPIGRAPHIE Baigori/xo deo, / Ver'an'us, / Serani [f(ilius)], / u(otum) s(oluit) l(ibens) m(erito). Au dieu Baigorixus (ou Baigorixo), Veranus, fils de Seranus, s'est acquitté de son vœu de bon gré et avec une juste reconnaissance. Ordinatio et paléographie Le texte occupe toute la surface du champ épigraphique, il est bien aligné contre le bord gauche. La seule césure (Baigori/xo) respecte les syllabes. L'espacement des lettres est irrégulier. Les lettres sont régulières et très bien formées. Quelques particularités paléographiques peuvent être relevées : les A ne possèdent pas de barre transversale, le premier jambage du N à la ligne 3 est légèrement oblique , la panse des R n'est pas fermée et la seconde barre des A est légèrement flexueuse, de la même manière que les jambages obliques du M. H. des lettres : l. 1 : 2,5 à 2,7 ; l. 2 : 2,7 ; l. 3 : 2,8 ; l. 4 : 2,9 ; l. 5 : 2,4 à 2,7. COMMENTAIRE La forme du théonyme (Baigorixo et non pas Baicorixo comme le lisait S. de Ricci) peut être interprétée comme un datif de la deuxième déclinaison d'une divinité au nom latinisé en Baigorixus, ou comme un indéclinable Baigorixo. J. Gorrochategui reconnaît que les deux modèles trouvent des arguments . Le parallèle avec la divinité Illurberrixo, que l'on rencontre sous cette forme (CIL XIII, 23) ou sous celle d'un datif de la troisième déclinaison (CIL XIII, 231), Illurberrixoni, suggère pour la forme en -o le choix d'un indéclinable, puisque existait la possibilité d'un datif en -oni. Mais l'existence d'un datif (ou d'un indéclinable ?) Buaicorixe, sur une inscription découverte à Labarthe-Rivière (CIL XIII, 124 = n° 16), suppose une forme originelle Buaicorix(e), qui ne peut donner Baigorixo que par une adaptation du nom à la deuxième déclinaison latine, soit Baigorixus . Cette divinité est attestée sur trois autres autels avec des variantes orthographiques (alternance c/g sur la quatrième lettre, un ou deux R, alternance x/s sur l'avant-dernière lettre) et les différentes formes de déclinaison déjà évoquées (trois terminaisons en -o et une terminaison en -e) . Le rapprochement avec le toponyme basque Baigorri a été généralement admis par les linguistes, ce qui fournirait une étymologie ibai (ruisseau) et gorri (rouge). J. Gorrochategui a fait cependant remarquer que la première partie du vocable se retrouvait dans d'autres théonymes, comme Baios et Baias(e) . R. Lizop faisait de cette divinité une divinité des sources, hypothèse insuffisamment étayée pour être acceptable . Le dédicant, un pérégrin libre, portait le cognomen de Vernus, relativement rare, ou celui de Veranus, plus commun, en supposant une ligature, probable, entre le N et le A . Vernus comme Veranus sont mieux attestés dans les provinces ibériques que dans le reste de l'Empire, et une origine ou une influence des pratiques onomastiques transpyrénéennes est à envisager dans la dénomination de Vernus/Veranus . Le patronyme, Seranus, présente les mêmes caractéristiques malgré la consonance très latine du vocable: répandu en Aquitaine méridionale, dans les provinces ibériques et en Narbonnaise, il est relativement rare, notamment en Italie et à Rome où sa présence est anecdotique. Laetitia Rodriguez et Robert Sablayrolles, 2008