Précisions sur les inscriptions
dédicace (latin), corps : Inscription sur quatre lignes., NYMPHIS / EBELO / FABI[V...] / V S L M, Nymphis, / Ebelo, / Fabi[u...] / v(otum) s(olvit) l(ibens) m(erito)., traduction : Aux Nymphes, Ebelo, (fils ?) de Fabi[ullus ?) s'est acquitté de son voeu de bon gré et avec une juste reconnaissance. (lecture L. Rodriguez, R. Sablayrolles, cat. 2008, n°157)
Description
Base à trois moulures ; corniche saillante ; deux enroulements de feuilles de lierre décorent le faîte. Epigraphie barbare ; deux lignes incomplètes par suite d'un éclat du marbre. Malgré l'état très érodé de l'autel par endroits, toutes les faces de l'autel semblent avoir été polies, un peu moins soigneusement cependant sur la face postérieure. Base La face inférieure de la base présente un enlèvement de grandes dimensions. Une trace d'érosion par ruissellement s'observe sur la face latérale gauche. Modénature : rainure d'onglet, ovolo renversé, listel plat, doucine renversée sur les faces antérieure et latérales ; chanfrein renversé sur la face postérieure. Corps De profonds sillons ont été creusés par un ruissellement naturel sur les faces antérieure, postérieure et latérale gauche du corps. Couronnement - Corniche : les angles de la corniche ont été brisés, puis érodés. Le bandeau des faces antérieure et latérale droite est légèrement abîmé. Modénature : doucine droite, bandeau renversé sur les faces antérieure et latérales ; chanfrein droit, bandeau renversé sur la face postérieure. - Coussin : le coussin se compose d'un bandeau d'attique plus large que haut, et de deux pulvilli, formés par la concavité de la face supérieure du coussin. Ces derniers, de forme cylindrique, sont légèrement abîmés à leurs extrémités antérieure et postérieure, et nettement délimités du bandeau d'attique sur les faces latérales. La face antérieure du coussin est ornée de quatre volutes reliées deux à deux, l'une occupant le pulvillus, l'autre le centre du coussin. ÉPIGRAPHIE Deux profondes cavités, formées par ruissellement, entament le champ épigraphique aux lignes 2 et 3. Nymphis, / Ebelo, / Fabi[u...] / u(otum) s(oluit) l(ibens) m(erito). Aux Nymphes, Ebelo, (fils de ?) Fabiu(llus ?) s'est acquitté de son vœu de bon gré et avec une juste reconnaissance. Ordinatio et paléographie Le texte est centré, l'espacement des lettres est irrégulier (lignes 2 et 4). L'inscription débute presque contre les moulures du couronnement, alors qu'un espace est laissé vacant sous l'inscription. La gravure est assez régulière, les lettres sont hautes et étroites. L'espace entre le L et le O à la ligne 2, ne laisse que peu de place pour la barre horizontale du L, qui devait être très courte. H. des lettres : l. 1 : 2,8 à 3,2 ; l. 2 : 3,3 (O : 3,1) ; l. 3 : 3,4 ; l. 4 : 2,9. COMMENTAIRE Si la lecture et l'interprétation des première et dernière lignes de l'incription sont identiques chez l'ensemble des éditeurs et commentateurs, il n'en va pas de même des deux lignes intermédiaires. À la ligne 2, la lecture Ebelo, qui était celle de J. Sacaze est indubitable et les hypothèses d'O. Hirschfeld (Ebelc[.] ou Belc[.]) ne sont pas recevables . Le rapprochement avec la divinité des eaux Belgo(n), connue sur un autel de Gazost (Hautes-Pyrénées), est donc sans fondement . À la ligne 3, les trois premières lettres sont nettes et une haste se distingue encore avant la cassure (Fabi), au-dessus de laquelle subsistent deux empattements qui pourraient être ceux d'un V. Au-delà de la cassure, qui peut avoir fait disparaître une lettre suplémentaire, ne s'observent plus que trois bases de hastes, dont la première pourrait être celle d'un L. J. Sacaze proposait une restitution Fabiu[s Ti. f.], alors que O. Hirschfeld lisait Fabu et trois hastes. Il ne peut subsister que deux hypothèses, qui, toutes deux, sont difficiles à étayer, Ebelo constituant, dans l'une et l'autre, un hapax. La première, celle de J. Sacaze, consiste à faire de Ebelo une divinité associée aux Nymphes ou une épiclèse et de Fabius, fils de Tiberius, l'auteur de cette double dédicace. La seconde identifie dans Ebelo un anthroponyme , la ligne suivante étant celle d'un patronyme terminé par LLI ou, plus vraisemblablement, [L]LIF en comptant une lettre dans la cassure et en considérant que seule la première des trois hastes peut être un L. Le patronyme serait alors Fabiulli, lui aussi un hapax ou une erreur de gravure pour Fabulli . Malgré les difficultés qu'elle présente, cette hypothèse paraît préférable : aucune association aux Nymphes n'est connue par ailleurs dans les Pyrénées centrales, où elles sont pourtant largement représentées, et l'hypothèse d'un anthroponyme inconnu paraît moins difficile à soutenir que celle d'un nouveau dieu pyrénéen. La controverse n'en est pas close pour autant. Laetitia Rodriguez et Robert Sablayrolles, 2008.