Description
La face antérieure de l'autel a été polie très soigneusement, sa surface est lisse au toucher. L'état érodé des autres faces ne permet pas de dire si elles avaient subi le même traitement. Base La face latérale gauche de la base et l'angle postérieur droit sont brisés. Une date (1691) est gravée profondément sur la face antérieure. La base était fixée, au musée, sur un socle en plâtre, il n'en reste que des débris adhérant à la face inférieure, et l'extrémité de la tige métallique qui servait à la fixer. Modénature : chanfrein renversé sur les faces antérieure, postérieure et latérale droite. Couronnement - Corniche : les faces latérales et tous les angles de la corniche sont brisés, le bandeau est endommagé sur les faces antérieure et postérieure. Modénature : chanfrein droit, bandeau renversé sur les faces antérieure et postérieure. - Coussin : l'état érodé de la face supérieure du coussin ne permet pas de déterminer si ce dernier était pourvu de pulvilli. ÉPIGRAPHIE L'inscription débute sur le coussin et se poursuit sur le corps. La première lettre des lignes 2 et 3 a disparu dans l'usure de l'arête gauche de la face antérieure. Deo // [E]xprc[ ]/nnio, / Silex / u(otum) s(oluit) l(ibens) m(erito). Au dieu (E)xp(e)rc[e]nnius ( ?), Silex s'est acquittée de son vœu de bon gré et avec une juste reconnaissance. Ordinatio et paléographie Le texte est aligné contre le bord gauche de la face antérieure, le théonyme est coupé par un retour à la ligne. La gravure est profonde et large, la hauteur et la largeur des lettres sont assez régulières, mais leur tracé est parfois hésitant (voir E à la ligne 1 et R à la ligne 2). H. des lettres : l. 1 : 1,9 à 2,1 ; l. 2 : 2 à 2,5 ; l. 3 : 2,3 à 2,4 ; l. 4 : 2,4 ; l. 5 : 1,9 à 2,3. COMMENTAIRE Le nom de la divinité, adapté à la deuxième déclinaison latine, est rendu incompréhensible par l'usure de la pierre et, sans doute, une erreur de graphie du lapicide antique. Tous les commentateurs ont restitué, à la suite de A. Luchaire (1879, 2, p. 96), Expercennius, qui est sans autre exemple. L. Michelena (1954, p. 430) suggérait un élément celtique dans le préfixe Ex-, mais la terminaison en -n, redoublé dans la déclinaison latine du théonyme, rappelle l'adaptation Leheren/Leherennus du dieu aquitain d'Ardiège. C'est sans doute à une origine de ce type qu'il faut penser . Le nom Silex figure sur trois autres inscriptions de la cité des Convènes, dont une fois au féminin (Silex, épouse de Borsus, à Saint-Bertrand-de-Comminges, CIL XIII, 268 = 11011) . Il existe des composés à partir de ce radical : Bonsilexsi (datif), épouse de Sembexso(n) (CIL XIII, 62), et Silexconis (génitif), père de Rufinus (CIL XIII, 283). Il est difficile d'être aussi affirmatif que A. Luchaire, qui faisait de Silex un nom systématiquement féminin, opinion suivie par J. Gorrochategui . L. Michelena a proposé, avec prudence, un rapprochement avec le basque sirats . Laetitia Rodriguez et Robert Sablayrolles, 2008.