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de la Culture
POP | Plateforme ouverte du patrimoineLa Lettre ; La Carta
La Lettre ; La Carta

Référence de la notice
05940000036
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
31 mai 2011
Date de mise à jour
26 novembre 2024
Rédacteur de la notice
Berthoumieu Cécile
Crédits photographiques
Castres ; musée Goya, photographe : Pascal Bru
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
99-6-1
Domaine
Dénomination
Titre
La Lettre ; La Carta
Auteur
Précisions sur l'auteur
PARET Y ALCAZAR : Madrid, 1747 ; Madrid, 1799 ; nationalité : Hispanique
École (pays)
Espagne
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1772
Historique
Luis Paret y Alcazar fut le contemporain de Francisco Goya, nés la même année. Il fut l'élève d'Antonio González Velázquez à l'Académie de San Fernando de Madrid. Après son voyage en Italie (1763-66), il entame une carrière brillante qui l'amène à travailler pour la cour d'Espagne dès 1770. Ses sujets s'attachent à traduire la vie de la capitale (Le Bal masqué, 1776, musée du Prado), des événements ou des fêtes royales (Le Repas de Charles III, Le Carrousel, 1770, musée du Prado). La disgrâce de l'Infant don Luis de Bourbon, son protecteur, entraîne son exil à Puerto Rico entre 1775 et 1778. Qualifié souvent et à tort de ' Watteau espagnol ', il est aussi à l'aise dans le portrait (María de las Nieves, Micaela Fondinies, son épouse) que dans les sujets religieux ou bien allégoriques : La Prudence de Diogène (1780, Académie San Fernando) lui permettant d'être admis à l'Académie. Il rentre en grâce complètement en 1787 après avoir peint une série de vues des ports cantabriques sur le modèle des Vues des ports de France d'Horace Vernet. Dès lors, il peut reprendre sa chronique de la vie madrilène avec de petites scènes charmantes (Le Rosaire, Palais Royal) ou d'ordre historique comme Le Serment de la Cour au prince des Asturies (1791, musée du Prado). Disparu prématurément en 1799, Luis Paret fait figure de prodige tant par sa culture hellénique que par ses dons picturaux ; sensible à l'influence française (il a travaillé avec le peintre Charles de La Traverse, élève de Boucher), il annonce par certains aspects de son art Mariano Fortuny. Le petit tableau sur bois que le musée Goya a acquis en 1999, La Lettre, s'inscrit dans la première période de l'artiste étant donné sa date (1772). Cette oeuvre est donc contemporaine du magnifique tableau conservé au musée Lázaro Galdiano de Madrid, Le Magasin d'antiquités. L'oeuvre représente une jeune femme appuyée sur le dossier d'un fauteuil et lisant une lettre qui est probablement une lettre d'amour. Assise à ses côtés, nous voyons une femme plus âgée qui compte sur ses genoux des pièces d'or. La scène se déroule en un jardin de verdure orné de vasques. Au premier plan à gauche sont entassées des partitions musicales, une guitare et un masque de carnaval. Cette peinture développe donc un discours symbolique que nous retrouvons chez Goya : la critique de l'amour intéressé et la vanité des plaisirs humains. On peut admirer la grande finesse de cette peinture, le côté accompli et minutieux de l'exécution. L'harmonie colorée autour des verts et des rouges en fait un ensemble délicat proche du Portrait de María Fondinies. Un nettoyage partiel au niveau de la vasque en pierre puis la restauration ont permis de retrouver l'éclat originel. Une réplique de cette oeuvre existe dans la collection Varez-Fiza de Madrid mais dans une gamme colorée très vive. Extrait du cat. exp. Madrid/Bilbao, 2002/2003, J. L. Augé
Localisation
Castres ; musée Goya