Historique
Le 19 novembre 1836, Ingres, alors à Rome, écrivait à son ami Edouard Gatteaux pour le prier de faire exécuter, de préférence par le jeune Chassériau une étude peinte d'après le modèle 'Joseph le Nègre' et rigoureusement conforme au dessin joint à la lettre. Dans une seconde lettre à Gatteaux, le maître précisait encore ses intentions. Cette étude était destinée à une composition qui ne fut jamais exécutée, La Tentation du Christ ou Le Seigneur chassant le démon. Une lettre de Chassériau, datée du 18 avril 1838 apprenait au maître que M. Marcotte partant pour l'Italie, s'était chargé de la toile. ; Provenance mal établie ; ne figure pas sur les liste des tableaux donnés par Ingres en 1851 ou légués en 1867 ; Géricault dans le Radeau de la Méduse a utilisé pour l'un des trois personnages noirs un dénommé Joseph qui était un Haïtien venu à Paris avec une troupe d'acrobates. On le retrouve probablement dans un vigoureux dessin au lavis, vêtu à l'orientale, fermement campé dans une attitude ouverte de défi, les mains crispées sur sa lance. Une esquisse sur toile, encore plus directe, d'un homme au regard mélancolique passe aussi de bonne source pour représenter Joseph (Malibu, J. Paul Getty Museum). Les contemporains le décrivent non seulement admirablement beau, large d'épaules, les hanches minces, mais aussi d'un caractère affable et Géricault semble l'avoir apprécié comme modèle moins pour son physique, capable de rivaliser avec statues antiques que pour le charme de sa personnalité. Depuis le temps où il posait pour Géricault, Joseph était devenu un modèle professionnel auquel maints artistes avaient fait appel. Sur Joseph voir aussi : - Charles Clément, Gleyre. Etude biographique et critique avec le catalogue raisonné de l'oeuvre du maître, Paris, 1878 - E. de la Bédollière, Le Modèle in Les français peints par eux-mêmes, t. II, Paris 1840, page 7