Mesures
Hauteur en cm. 275,2 ; Largeur en cm. 198,3 ; Hauteur avec cadre en cm. ; Largeur avec cadre en cm. ; Profondeur avec cadre en cm.
Description
Peinture à l'huile sur toile ; Cet épisode de la campagne de Prusse se passe en 1807. "Messieurs de Durtheim et de Châtillon, officiers d'état-major, étaient tombés au pouvoir du partisan Schill, qui les réunit à d'autres prisonniers pour les faire conduire à Colberg, sous l'escorte de quelques paysans. Bientôt ceux-ci convinrent entre eux de dépouiller les prisonniers et de les fusiller, ce qu'ils exécutèrent. M de Châtillon seul ne fut pas atteint ; mais à cette lâche agression, la colère décuplant ses forces, il profita du moment où les armes n'étaient plus chargées, saisit l'un des hommes qui emportaient les uniformes, le souleva sur ses épaules pour s'en faire un bouclier et s'enfuit dans la forêt, théâtre de cette scène. Il put ensuite, sans danger, rejeter son fardeau, puis, se cachant le jour, marchant la nuit, rejoignit les rangs français. Deux mois après, un conseil de guerre fit justice de quatre de ses assassins." Ce tableau, donné par son auteur à la ville de Douai, le 15 avril 1843, et expressément exécuté pour elle (lettre du général à cette date), est le dernier qu'ait peint M. le général baron Lejeune ; celui-ci avait alors soixante-huit ans, ainsi qu'il résulte d'une note placée derrière la toile, avec la date de 1842." Un nu héroïque se détache sur l'arrivée désordonnée des attaquants au second plan. Valérie Bajou, conservateur, éclaire les références mythologiques et artistiques sous-jacentes: "La répartition de l'éclairage à la fois cru et constraté devient théâtral et dramatique. Les couleurs sont réchauffées par la préparation ocre rouge, teinte peu utilisée par les artistes du XIXè siècle. (...). Lejeune a pris encore une fois modèle sur Gros qui avait utilisé ce système de focalisation sur un personnage dans Les Pestiférés de Jaffa, où la puissance aveuglante de la clarté entre en conflit avec l'oppression des ténèbres. Rien ne se nuit, tout concorde. Le procédé est développé ici de manière tragique, l'absence de nuance chromatique est soulignée par la tension du corps de l'officier échappant aux paysans. Lejeune créait ainsi une nouvelle mythologie". Extrait du texte de Valérie Bajou, dans le catalogue d'exposition "Les guerres de Napoléon, Louis-François Lejeune, général et peintre", exposition au Musée national du château de Versailles, Hazan, Paris, 2012, p.210
Sujet représenté
scène historique (Prusse, combat, héros, nu)