Description
peinture à l'huile sur toile ; La scène, qui relate un épisode de la vie du Christ, est en particulier tirée de l’évangile de Luc (7,36-50) et dans une moindre mesure, de celui de Jean (12,1-8). Ces deux derniers racontent, avec des différences dans leur récit , comment, au cours d’un repas donné chez un pharisien de Béthanie, une femme apparaît à Jésus, oint les pieds de ce dernier de parfum précieux et les essuie avec ses cheveux. Cette femme est désignée par Luc comme étant une pécheresse, mais elle est nommée par Jean comme étant Marie de Béthanie, sœur de Lazare. Par la suite, ces deux figures féminines furent associées à celles de Marie de Magdala, pour former le personnage de la sainte Marie-Madeleine, qui constitue ainsi le principal sujet de la présente composition. Dans cette dernière, Simon le pharisien est assis au centre gauche, et juge négativement le geste de la pécheresse et la clémence de Jésus vis-à-vis de cette dernière. Marie-Madeleine, représentée dans la partie inférieure centrale de la composition, est agenouillée humblement sur une marche, vue de trois-quarts dos. Elle est en train d’essuyer le pied droit du Christ avec ses cheveux blonds, au-dessus d’un vase orfévré contenant le parfum précieux dont elle va oindre les pieds de ce dernier. Vêtue simplement d’une robe chasuble bleue ceinturée à la taille et d’où dépasse une longue manche blanche, elle a les yeux baissés vers ses mains et ses cheveux. Un long manteau recouvre son épaule gauche et a glissé le long de son corps jusqu’à terre. Son profil grec se détache nettement de la nappe blanche de la table sur laquelle a été dressé le repas. Cazes a préféré une composition mettant nettement en évidence le groupe qu’elle forme avec Jésus et le personnage debout à droite (Pierre ?), en les représentant tous trois au premier plan du tableau. Jésus est en effet assis dans la partie centrale droite de la composition, vêtu d’une robe rouge pâle et enveloppé dans un manteau bleu. Auréolé, il lève haut son bras droit, Cazes illustrant ainsi le moment où, selon le texte de Luc, il déclare à la pécheresse que la foi suffit pour être sauvé(e) (« Ta foi t'a sauvée, va en paix »), conférant une dimension rédemptrice à l’ensemble de la scène. L’arrière-plan est composé à gauche de deux façades perpendiculaires, ornées de pilastres doriques, supportant un entablement où l’on remarque une frise avec métopes et triglyphes. La principale partie de l’arrière-plan est toutefois composée, sur les trois-quarts de la composition, de deux colonnes de marbre noir et d’un rideau rouge, encadrant dans la partie supérieure des anges sur une nuée, dont la figure principale, représentée sous les traits d’un jeune adolescent regardant la Madeleine, étend son bras gauche de manière quasi identique à Jésus, assis juste en dessous. Ce dernier groupe, qui surplombe l’ensemble de la scène et de ses participants, apparaît presque comme un tableau dans le tableau lui-même. C.D. et A.L.