Mesures
Hauteur en cm 147 ; Largeur en cm 68,5 ; Hauteur avec cadre en cm 163 ; Largeur avec cadre en cm 84,3
Précisions sur les inscriptions
b.d. : A la peinture jaune. le "V" et le "R" sont entremêlés., VRanvier / 1873. ; revers : Au pochoir en blanc, sur le chassis, dans le sens haut-bas en haut à gauche., 518 ; revers : Etiquette Ville de Dunkerque, à l'encre noire remplie à la plume, collée sur le chassis, en haut à gauche., VILLE DE DUNKERQUE / MUSEE / 518 Salle Moderne / Tableau N° / Ranvier ; revers : Au crayon graphite, sur le chassis, en haut au milieu., 212 ; Sur l'objet : Au dos de l'oeuvre, au pochoir en blanc sur le chassis.
Description
Huile sur toile ; Véritablement spécialisé dans la peinture de nu, Ranvier soit son succès à ce genre bien qu'il ait également eu une activité de peintre de faïences. Sa tendance au décoratif s'est nourrie de ce double métier. A cet égard, le charme de corps jeunes et beaux dans des postures souvent alanguies ou nonchalantes au cœur des décors et paysages plus ou moins idylliques fait figure d'exercice académique, alors traditionnel à l'Ecole des beaux-arts et au Salon. Ces nus tant en vogue nécessitent cependant dans la grande peinture un prétexte narratif, afin de respecter la sacro-sainte hiérarchie des genres qui place les sujets religieux, historiques ou mythologiques au-dessus de tout. Ranvier s'attache donc à accessoiriser ses personnages pour en faire des dieux et déesses de l'Olympe, comme il est d'usage chez bon nombre de ses contemporains, longtemps qualifiés pour cette raison de "peintres pompiers". C'est précisément le cas d'Echo. Echo fait partie des divinités de la nature et à ce titre appelle un décor sauvage. Elle est néanmoins identifiée par son attitude et quelques attributs suspendus à une branche. Elle porte les mains aux oreilles, se concentrant sur le son qu'elle est condamnée à répéter selon le sortilège que lui a jeté Héra : "Tu auras toujours le dernier mot, mais jamais tu ne parleras la première." Auprès d'elle, les instruments de son malheur : la flûte du dieu Pan, dont elle a repoussé les avances, et les trompes et fifres des bergers des montagnes que Pan a envoyés contre elle. L'œuvre magnifie la nymphe infortunée par un corps gracieux, sensuel, totalement mis à nu et offert au regard. Ranvier, dans sa quête d'images délicieuses, ne dit cependant rien de la dispersion, de l'assèchement et de la pétrification des os d'Écho, détail trop sordide pour être retenu. Si le nom de la nymphe est passé dans le langage courant, le récit de son amour déçu, tragique s'il en est, a aujourd'hui perdu en célébrité. Condamnée à répéter les derniers mots qu'elle vient d'entendre, elle ne réussit pas à convaincre de ses sentiments le beau Narcisse dont elle s'est éprise : indifférent à la réitération de ses paroles, le jeune homme la repousse pour mieux se livrer à la contemplation fatale de son propre reflet. Désespérée mais toujours enamourée, Écho le veille, le pleure, jusqu'à ce que sa beauté se fane, que son corps disparaisse et qu'il ne reste plus d'elle que le son de sa voix. De ce récit, Ranvier ne dit quasiment rien, dans la tendance propre à la peinture des Salons que nous avons rappelée. Prétexte à dévoiler une technique irréprochable et une maîtrise parfaite du dessin, la nymphe révèle ici la pratique très courante de la peinture d'après modèle vivant professionnel dans les académies et les ateliers à Paris. La pose d'Écho ne laisse en effet aucun doute sur la source d'inspiration du sujet. Sophie Warlop et Alexandre Estaquet-Legrand, extrait du catalogue d'exposition "Histoire(s), Mythes, récits et merveilles", 2024
Source de la représentation
peinture ; tableau ; nymphe ; nudité ; en pied ; couronne ; fleur ; flûte de Pan ; flûte à bec ; végétation ; rocher ; echo ; oreille ; ouïe ; femme de la mythologie gréco-romaine ; beauté ; amour ; 19e siècle