Précisions sur les inscriptions
Légende, Lettres peintes, Insc concernant représentation, Insc concernant l'identité du modèle (Ancien français), h.g. : Inscription manuscrite à la peinture noire en haut à gauche de la tête de Jeanne, dans un espace formant parchemin., " Dame Jeanne, comteffe de Flandre et de Hainau/, fille de Baudouin, Empereur de Constantinople Efpoufe de Thomas de Sauoye et auparavant de/ ferdinand, fils du Roy de portugualle,fonda ceft/ Hofpital noftre Dame, dict Comteffe, de l'ordre/ de St AUGUSTYN, à lille, En lan 1236. et mourut/ Sans enfans en lan 1244. Requiefcat in Pace. fAICT EN L'AN 1632, traduction : Dame Jeanne , Comtesse de Flandre et de Hainaut, fille de Baudouin, empereur de Constantinople, épouse de Thomas de Savoye et auparavant de Ferdinand, fils du Roy de Portugual, fonda cet hopital Notre-Dame dit Comtesse de l'ordre de Saint Augustin, à Lille, en l'an 1236, et mourut sans enfants en l'an 1244. Repose en Paix. Fait en l'an 1632 ; Légende, Lettres peintes, Insc concernant l'identité du modèle (Ancien français), h.d. : Inscription manuscrite à la peinture noire en haut à droite de la tête de Marguerite., Dame Marguerite, soeur et unique heritière/De ladicte Dame Jeanne confirma et augmenta/grandement ladicte fondation: et y actiouffa auffi/une chapelle à l'honneur de mad S Elisabeth/patronelle des hospitalieres et frefpaffa l'an 1279/ laiffan fes enfans heritiers de flandre et hainau/ bienfaicteurs et profecteurs dudi hofp.Recq in Pace., traduction : Dame Marguerite soeur et unique héritière / de la dite Dame jeanne confirma et augmenta / grandement la dite fondation et y ajouta aussi / une chapelle à l'honneur de mad St Elisabeth / patronne des hospitalières et trépassa en l'an 1279./ laissant les enfants héritières de flandre et hainau / bienfaiteurs et protecteurs dudit hospital (?).Rep en Paix".
Description
Huile sur toile ; Vue panoramique de la salle des malades de l'hôpital Notre -Dame sous l'ancien régime en 1632. Ce tableau met en scène la vie quotidienne de l’hôpital (scènes du fond). Ainsi que la présentation, au premier plan, de l'ensemble du personnel (Maitre de l'ordre des Augustins à gauche et son pendant à droite, la sœur augustine: la Prieure de l'hôpital) hospitalier permettant son bon fonctionnement et l'accueil des pèlerins (initialement), des malades et nécessiteux, autour des comtesses et Sainte Elisabeth de Bohême et de Hongrie aux deux couronnes de la sainte protectrice du lieu et de Lille: la Vierge Marie. ; Curieux tableau, daté de 1632 illustrant parfaitement et de façon vivante l'histoire de cet ancien hôpital, avec l'aspect ancien de la salle des malades, la représentation des religieux et religieuses qui soignaient les malades, le rappel de la fondatrice, de la règle et des saints patrons de la maison. Illustration de la fondation augustine hospitalière à dominante seigneuriale. Grande composition mettant en scène, au centre, les comtesses Jeanne et Marguerite de Constantinople entourant la figure de Notre-Dame (: patronne de l'hôpital) présentée flottante sur un croissant d'or (symbole de son Immaculée Conception-défendue par les franciscains- et de sa non appartenance au monde des mortels): elle semble descendre des cieux, et porte l'enfant Jésus dans ces bras. Elle est en cheveux sans voile sur la tête ni nimbe, mais des rayons d'or jaillissent de son visage comme un soleil de justice. A sa droite d'une sobriété vestimentaire, Jeanne, sans couronne le visage souriant et enjoué, porte et montre dans sa main gauche la maquette d'une petite église (signe et symbole de son acte de fondation), et le blason losangé familial présentant la silhouette noire du lion des Flandres (le lion espagnol). En écho à ce dernier, un écu en accolade à l'image du dit lion est tendu par Marguerite, plus richement vêtue et portant couronne raffinée. Entre elle et le corps de religieuses, fermant frontalement la composition, on peut distinguer - au-dessus des lits des malades- sur le mur, en pendant au texte de Jeanne, une légende sur Marguerite. De part et d'autre de ces personnages centraux, deux groupes distincts se déploient jusqu'aux extrémités latérales du tableau. D'un côté un groupe de 6 hommes -derrière Jeanne-, ayant à sa tête le Maître de l'hôpital: Matias Boome (de 1628 à 1633), suivi de saint Augustin coiffé de la mitre tenant la crosse d'une main et brandissant de l'autre un cœur percé de flèches et se consumant sur place : symbole d'amour et de ses confessions :"Vous avez percé mon cœur [qui brûle de l'amour divin] des flèches de votre charité...». Sur les bords de la chape de l'Evêque des petits tableaux commentent l'Evangile du jugement dernier: j’ai eu faim, j'ai eu soif, j'étais malade, j'étais prisonnier, et les autres œuvres de miséricorde Derrière lui, les frères agenouillés fixent à l'instar de l'autre groupe (celui des "femmes «au nombre de 10) le spectateur. Devant ce groupe, saint Jacques Le Majeur, une coquille à la main suggère que la fondation porte assistance aux pèlerins. A la suite de Marguerite, la prieure des lieux : Yolente Bourgeois* (de 1628 à 1641: date de son décès) et les sœurs(en tenue d'hospitalières) sont elles aussi agenouillées et forment une sorte de cordon protecteur autour de leur sainte patronne qui inspira Jeanne: Elisabeth de Bohême et de Hongrie avec ses deux couronnes tandis que dans sa main droite elle tient une aumônière renversée, symbole de sa prodigalité pour les pauvres [Ste Elisabeth, tertiaire Franciscaine, était morte à 24 , peu avant la fondation de Comtesse et son culte s'était répandu dans les Pays-Bas comme une trainée de poudre chez les augustines hospitalières], en l'honneur de laquelle Marguerite fit ériger la chapelle. Derrière ces personnages, reconstitution de la disposition intérieure de la salle avec ses fenêtres ogivales surplombant un alignement de lits séparés par des stalles de bois peints ou des alcôves individuelles. le plan intermédiaire du carrelage du sol permet de séparer les figures du 1er plan de celles de l'arrière-plan : il s'agit d'un ruban composé de bas en haut, des malades alignés l'un derrière l'autre dans leur lit- rare à l'époque : souvent on partageait à 2,3 ou 4 la même couche; cette literie se composait d'un oreiller, de draps et d'une couverture de qualité brodée aux armes de chacune des comtesses- et séparés par des tentures- à la fois isolation contre le froid et intimité vis à vis des autres malades- En écartant le rideau, le malade de son lit peut assister aux offices. ; Puis les fenêtres, entre lesquelles sont disposés des statues et des triptyques aux scènes religieuses. A l'intérieur, le mur sud est creusé de petites niches avec une étagère en bois qui devaient servir à déposer les médicaments et objets usuels des malades voire des lampes. Sur les murs , on peut observer des fresques dont celle représentant St Roch, invoqué en cas de peste; ainsi que des tableaux, dont une commande importante avait été faite à Hues de la Motte en 1504-1505. Enfin, le dernier plan nous montre une seconde salle, mentionnée par ailleurs les archives au XVIIème siècle dont on ne connait l'affectation : l'infirmerie pour malades gravement atteints. Un prêtre porte le viatique et une sœur veille au chevet d'un malade. Son emplacement exact reste à définir: vraisemblablement localisée le long de la salle des Malades : serait la salle originelle du XIII +traces d'arcades sur le mur). Au moyen-âge, un hôpital ne formait généralement qu'une seule salle avec un autel isolé de cette salle par de grands rideaux. De leurs lits tous les malades pouvaient suivre la messe sans être déranger. *: professe turbulente mais prieure préoccupée par ses malades et leurs intérêts : d'où souvent en désaccord avec les maîtres de l'hôpital.