Précisions sur les inscriptions
Face, sous le trait carré : A gauche, Le Vacher sculp. ; Face, en bas à gauche : Sous la gravure, Duplessi-Berthaux inv. & del. ; Face, partie inférieure : Sous la gravure, An 6 de la Rep.e. ; Face, en bas à droite : Sous la gravure, Duplessi-Berthaux aqua forti ; Face, partie inférieure : MARIE ANNE CHARLOTTE CORDAY D'ARMANS? / NATIVE DE LA PAROISSE DE S.T. SATURNIN DES LIGNERETS, / Département du Calvados, Jugée le 17 Juillet 1793. / Charlotte-Corday étoit neé avec une ame sensible, vive, et capable d'une détermination forte et soutenue; / elle avoit reçu une éducation soignée, et conforme à sa naissance. Nourrie de la lecture des Philosophes, / anciens et modernes, son goût pour l'indépendance avoit été jusqu'à refuser plusieurs fois l'hommage de ses / adorateurs. Autant son ame grande et généreuse s'affectoit en faveur du malheur, autant l'injustice la soulevoit / et l'irritoit. Regardant Marat comme le principal auteur des forfaits révolutionnaires dont la france avoit à gé-/mir, elle conçut le dessein de la poignarder. Elle partit de Caen le 9 Juillet 1793. Arrivée à Paris, elle écrit à / Marat qu'elle a à lui révéler des secrets importants pour le salut de la République. Au moment où il la reçut / chez lui; il étoit dans son bain; li lui demanda le nom des Députés proscrits la 31 mai, qui se trouvoient alors / à Caen. Pendant qu'il les inscrivoit sur ses tablettes, elle tira un couteau de son ein, et le plongea tout en-/tier dans le coeur de Marat. / Elle fut arrêtée sur le champ, et conduite à l'Abbaye. Un décret de la Convention la fit transférer à la / Conciergerie. Elle comparut devant ses juges; il y avoit un concours prodigieux de spectateurs. Elle soutint / son interrogatoire avec le plus grand calme, la plus grande présence d'esprit. / S'étant apercue qu'un des auditeurs étoit occuppé à la dessiner, elle se tourna de son côté; lorsqu'on pro-/ nonça sa condamnation, elle ne parût émue, ni de l'arrêt terrible qui la dévouoit à la mort, ni du silence / glaçant qui l'environnoit. La plus profonde sérénité ne cessa de regner sur son front. / Vers les sept heures et de demie du soir, on la vit paroître sur la charrette funéraire avec le même calme, / la même impassibilité; sa tête étoit haute sans fierté, ses regards libres sans dédain, ses traits expres- / sifs et animés sans fureur. Sa mémoire passera à la postérité, comme celle de tous les grands coupables; / car, on ne peut pardonner l'assasinat, même celui de Marat. ; Face, partie inférieure : Sous la lettre, * Elle étoit fille de Jacques-François Corday d'Armans, ex-noble, habitant de Caen; elle avoit 25 ans. ; Face, partie inférieure : Sous le cadre, * Charlotte Corday assassinant Marat dans son bain.