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de la Culture
POP | Plateforme ouverte du patrimoinePaysage de neige à Crozant
Paysage de neige à Crozant

Référence de la notice
07200002012
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
20 novembre 2005
Date de mise à jour
28 avril 2021
Crédits photographiques
© KLEINEFENN
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
2004.3.38
Domaine
Dénomination
Titre
Paysage de neige à Crozant
Auteur
Précisions sur l'auteur
GUILLAUMIN : Paris, 1841 ; Orly, 1927
École (pays)
France
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1895 vers
Historique
Située loin de Paris, pays fruste et hostile aux hivers rigoureux, La Creuse commence d'envahir les cimaises du salon parisien à partir de 1830. Georges Sand, dont les romans champêtres ont contribué à faire connaître la région, attire autour d'elle à Nohant les premiers peintres plein-airistes. Puis, une cinquantaine d'années plus tard, le macabre Rollinat, tel que le surnomment ses amis, invite Monet dans la propriété creusoise où il est venu se retirer. Le peintre normand séjourne à Fresselines de mars à mai 1889 mais il maudit le climat qui l'oblige à remanier sans cesse ses toiles : ' Jamais je n'ai eu pareille déveine avec le temps. Jamais trois jours favorables de suite, de sorte que je suis obligé à des transformations continuelles car tout pousse et verdit ! Bref, à force de transformations, je suis la nature sans pouvoir la saisir et puis cette rivière qui baisse, remonte, un jour verte, puis jaune' Lorsque Guillaumin suit trois ans plus tard l'exemple de Monet, sa robuste nature se heurte aussi de plein fouet avec la Creuse. Et d'affirmer : ' J'ai toujours pensé que Crozant n'était pas un endroit pour un peintre débutant. ' Mais l'artiste est un acharné qui entend bien venir à bout de son motif et en percer toute la vérité. Celui qui n'était qu'un peintre du dimanche et que le tirage heureux d'un billet de loterie vient de transformer en peintre à plein temps passe la plupart de son existence à Crozant de 1892 à 1924. S'il peint chaque jour, quelle que soit la saison, les amateurs apprécient tout particulièrement ses paysages d'hiver, les gelées blanches qui lui vaudront un vrai triomphe lors de la grande exposition que lui consacre Durand-Ruel en 1894, qui réunit pas moins de cent toiles et pastels. Sur le voile étincelant du givre ou de la neige, Armand Guillaumin parvient à faire palpiter des couleurs d'une vive intensité. Son Paysage de neige à Crozant étire ses vallons onctueux rehaussés d'ombres bleues, parmes et lilas qu'exaltent les verts et les jaunes, sous un ciel irisé. C'est, poussées dans leurs plus intimes retranchements, l'application des théories impressionnistes. Point de commune mesure entre La Pie de Monet (Paris, Orsay) et Paysage de neige à Crozant : aux timides et délicates notations des sensations hivernales de Monet, Guillaumin oppose une faconde volubile qui enferme le spectre solaire dans les profondeurs de la matière. L'artiste truelle sur sa toile la puissance tellurique de ces vieux monts érodés et sait traduire, à force d'empâtements, l'austérité de ces paysages et la rigueur de l'hiver. Tel que le note Christophe Rameix, la rencontre entre la Creuse et Guillaumin tient du corps à corps. L'artiste se mesure au paysage n'hésitant pas à payer de sa personne : ' La neige des pommiers s'envole aux souffles d'avril, s'il exécute une symphonie printanière. Il pleut, quand il peint un orage d'été. Il a l'onglée, quand il note, sous le fouet de la bise, les délicates irisations d'une matinée de gelée. ' . La peinture chez lui est un acte volontaire qui le conduit chaque jour sur le motif. Ainsi, le site vallonné de Paysage de neige à Crozant, parfaitement identifié puisqu'il s'agit des Grandes Gouttes , réapparaît sur ses toiles au fil des saisons. Il le peint dans une palette orange vif en mars 1902 (Crozant, les Grandes Gouttes, pl. 34 dans Christopher Gray, Armand Guillaumin, Genève, 1972), par temps gris ou sous une mince couche de givre (Gelée blanche sur Crozant, Londres, Sotheby's : Impressionist and modern art and ceramics, 13 octobre 1993) et parfois plusieurs fois dans le même mois. Cette multiplication des oeuvres sur un même thème rend dès lors toute datation très difficile. Ainsi, parmi les oeuvres que Guillaumin envoie à l'exposition du Cercle de l'Art Moderne au Havre en 1907, il est possible que le n°26, Chemin des Gouttes (neige) soit le tableau de la collection Senn. J.-P. M.
Localisation
Le Havre ; musée Malraux