Inscriptions
signature de potier
Précisions sur les inscriptions
Sous la vasque en haut du pied, est peinte la signature du potier : Nikosthénès époiesen = Nicosthénès a façonné (ce vase).
Description
Argile peinte. Sur chaque revers, deux yeux : cercles concentriques noir, blanc effacé, rouge ; pupille noire. EXTERIEUR A : entre les yeux, Athéna casquée, revêtue de l'égide, un bouclier rond au bras gauche, attaque à la lance un géant qui tombe le genou droit en terre. Sa lance est tombée sur le sol, il tient une pierre de la main droite et se protège de son bouclier rond ; sur le bouclier, épisème blanc effacé : un trépied. Sous l'anse gauche par rapport à ce groupe, un jeune homme nu, accroupi, tourné vers la droite, couronné d'un bandeau violet. Des rameaux entrelacés de lierre et de vigne partent des anses. Sous l'anse droite, un satyre accroupi, également tourné vers la droite. EXTERIEUR B : Thésée affronte le Minotaure, monstre à corps d'homme et à tête de taureau. Le héros, couronné de myrte, en chiton court et nébride, armé d'une épée, passe son bras gauche par-dessus l'épaule gauche du Minautore et le saisit au poignet ; il plante son épée dans le dos du monstre qui fléchit les genoux en tournant la tête vers la gauche. INTERIEUR : masque de Gorgone
Sujet représenté
scène mythologique (combat, Athéna, géant, Encelade, ?, homme, satyre, Thésée, Minotaure, Gorgone)
Précisions sur le sujet représenté
L'organisation du décor correspond à celui des coupes les plus élaborées où la fascination des regards joue à l'intérieur (gorgoneion) comme à l'extérieur (yeux). Le décor secondaire sous les anses renvoie au monde dionysiaque - celui de la coupe à boire le vin - où le jeune homme, comme le satyre, sont embusqués dans la vigne. Athéna combat ici un guerrier hoplitique, dont elle a l'armement. Le géant qu'elle affronte -probablement Enkelados- est également équipé en hoplite, mais sa sauvagerie est notée par la pierre qu'il tient encore. Au revers, Thésée abat le Minotaure, monstre qui dévorait un tribut annuel de sept jeunes gens et sept jeunes filles, et dont seul le héros athénien put triompher. Thésée est un des héros les plus populaires dans l'iconographie attique, après Héraklès dont il imite en quelque sorte les exploits. Vers la fin du 5e siècle, la geste de Thésée connaît un important développement dans les arts figurés, et le héros national athénien y tient une place presque égale à celle d'Héraklès. Le peintre, en associant ici la déesse protectrice d'Athènes et le héros de la cité, propose deux aspects d'une même guerre contre la monstruosité : les géants, comme le Minotaure, transgressent en effet les catégories nécessaires à l'ordre du monde, où sont nettement distingués hommes et dieux d'une part, homme et bêtes de l'autre.