Précisions sur l'utilisation
En 1867, Albert Villon fonde son premier atelier d'horlogerie à Saint-Nicolas d'Aliermont, future maison Bayard. Il se spécialise dans la pendule de voyage et la montre de marine. D'abord associé à Dessiaux jusqu'en 1883, il se rapproche ensuite de Paul Duverdrey et Joseph Bloquel, collaborateurs puis successeurs en 1902. Afin d'assurer sa succession, Albert Villon fonde, en 1896, la société au nom collectif ' Albert Villon, DUVERDREY & BLOQUEL '. A son départ en 1902, la société devient société en nom collectif ' Duverdrey et Bloquel '. Le 2 décembre 1916, la société devient une Société anonyme nommée ' Société des Anciens Etablissements Duverdrey-Bloquel ' (dont la durée est fixée à 5 ans). Le nom subsiste jusque dans les années 1960. On retrouve ces évolutions dans les marques de fabrique, les platines des mouvements ou les boîtiers sont tout d'abord estampillés d'un petit lion passant depuis l'époque du fondateur Albert Villon. A partir de février 1907, DUVERDREY & BLOQUEL donnent l'appellation 'réveils Bayard', et cela bien avant que la marque 'Bayard' ne soit déposée en 1928. Progressivement, la société se spécialise dans la production de masse de réveille-matin. Les années de la première guerre mondiale sont déterminantes dans cette évolution. Sur le modèle américain, l'usine se modernise et des méthodes de travail rationnelles s'imposent avec le travail en série. Les Grands Réveils (Sonnfor, Tapageur, Bayard-Bayard) ont un énorme succès. D'autres calibres très appréciés connaissent une production intensive comme le réveil Bijou et plus tard dans les années 1930, le célèbre réveil animé. Sous la direction de Raphaël Hennion, à partir de 1947, se sont les années fastes de Bayard. Les 600 employés de l'entreprise fabriquent 4000 mouvements par jour, des réveils mécaniques comme le Bijou, le Viking, le Stentor mais aussi la Mignonnette, réveil de voyage et les mouvements dits ' huitaine ' qui équipent les pendules murales. À la fin des années 1950, l'usine référence désormais ses productions par des lettres. Par exemple, les réveils mécaniques 30 heures (calibre G) à répétition sont appelés GR (' R ' pour répétition). Dans les années 1960, la société prend le nom de ' Réveils Bayard ' et c'est le passage à l'électronique avec Edmond Forest. En 1964, les établissements Bayard s'agrandissent en achetant l'usine de la Société Industrielle de Décolletage Automatique (au 120 rue robert Lefranc à Saint-Nicolas d'Aliermont), construite en 1939 sur requête de robert Duverdrey, patron de Bayard. Cette usine constitue le second site Bayard, et le lieu de fabrique des cadrans et aiguilles d'horlogerie en utilisant des peintures luminescentes à base de radium 226. La totalité des ateliers font près de 15 000 m² et la société compte environ 800 travailleurs. En 1967, Bayard fabrique 1 200 000 mouvements par an. La société éprouve ensuite des difficultés à se convertir à l'horlogerie électrique. La mévente des réveils à l'international et la concurrence entraînent une baisse de la production. Le mardi 24 janvier 1984, les 250 employés de l'entreprise sont avertis du dépôt de bilan de la Société des Réveils Bayard. Les deux tentatives de reprises par la Société nouvelle des Réveils Bayard en juin 1984, puis par la Centrale d'Horlogerie Bijouterie Laval en mars 1987, se soldent par un échec et la liquidation définitive des biens est prononcée le 13 mars 1989. La marque Bayard a été achetée dans les années 1990 par la société Spiero Horlogerie fondée en 1919 et qui fabrique notamment une gamme de réveils sous la marque Bayard