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POP | Plateforme ouverte du patrimoineCombat d'Horatius Coclès et de Porsenna (Titre d'usage)
Combat d'Horatius Coclès et de Porsenna (Titre d'usage)

Référence de la notice
07980002397
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
16 novembre 2017
Date de mise à jour
23 février 2026
Rédacteur de la notice
Véronique, WILCZYNSKI
Crédits photographiques
© Réunion des musées nationaux-Grand Palais (MUDO - Musée de l'Oise) / Thierry Ollivier - Utilisation des photographies soumise à autorisation
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
74.167
Domaine
Dénomination
Titre
Combat d'Horatius Coclès et de Porsenna (Titre d'usage)
Précisions sur l'auteur
Vicence, vers 1605 ; Padoue, 1660
École (pays)
Italie
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1646 vers ; 1647 vers
Historique
'Acquis sur le marché de l'art parisien durant les années de reconstruction des fonds muséaux de la ville de Beauvais, le tableau dépeint une scène de combat dont l'identification exacte n'est pas sans poser problème. Plusieurs hypothèses ont toutefois été formulées, en tenant compte notamment de ses dimensions. Demeure cependant une interrogation fondamentale : son attribution, loin d'être consensuelle, oscille entre Francesco Maffei et son entourage. La plus commune des identifications de cet imposant tableau en fait l'illustration du combat du Romain Horatius Coclès, descendant des Horaces, contre les armées étrusques de Porsenna, au pont Sublicius. Combat légendaire narré dans l' 'Histoire romaine' de Tite-Live (livre II, 10 : 'Quand ils voient qu'inébranlable dans ses résolutions et ferme dans sa résistance, il demeure maître du pont qu'il parcourt à grands pas, les ennemis cherchent, en se jetant sur lui, à le précipiter dans le fleuve ...'), cet affrontement est celui d'un homme, plus tard héroïsé, contre une armée. Il fait référence aux exploits des premiers généraux romains durant les débuts de la République et à leur dévouement pour leur peuple. Le héros fut représenté par Raimondi, Ghisi, Goltzius au XVIe siècle. Il ne semble pas très populaire à Vicence ou à Padoue - les deux villes fréquentées pas Maffei - et sa rareté en Vénétie pourrait faire douter de l'identification de notre tableau. Les scènes de combat ne font en revanche pas exception dans le catalogue des peintres vénitiens de la fin du XVIIe siècle : on connaît à ce titre deux 'Combats d'amazones' parfois attribués à Maffei (Chambéry, musée d'Art et d'Histoire, inv. 1007 ; et lieu de conservation inconnu) et aux dimensions très proches (respectivement H. 1,18 m ; L. 2,10 m et H. 1,28 m ; L. 2,00 m) de notre oeuvre. Malgré d'évidentes différences stylistiques, ces tableaux pourraient avoir été produits durant les mêmes années comme un ensemble, une sorte de cycle de batailles historiques et légendaires, à l'instar de celles qui faisaient la renommée de la Residenz de Munich. Se poserait alors la question de leur commande et de leur autographie. À cette interrogation, il semble possible de répondre. La technique enlevée de cette composition est en effet très proche de celle de Maffei, mais la construction des figures y paraît moins aboutie. Il s'agit de surcroît d'une oeuvre bien plus claire que celles généralement associées à la manière de l'artiste. Le nom de Pietro Liberi a été suggéré pour l' 'Amazonomachie' de Chambéry, mais cette attribution paraît difficile à soutenir dans notre cas ; l'½uvre est plus proche de la seconde 'Amazonomachie', attribuée à Maffei, de façon convaincante, par Federico Zeri. Dans ce sens, signalons une grande bataille, mentionnée dans un document tardif relatif à Maffei : celle-ci se trouve au XVIIIe siècle à Rovigo, ville dans laquelle Maffei séjourna en 1646-1647, dans le palais Campanari (Bartoli 1793, p. 179 : 'un gran Quadro esprimente la vittoriosa Battaglia di Costantino il Grande, opera laboriosa di Francesco Maffei' ; voir Rossi 1991, p. 184). Son sujet est certes différent, mais il s'apparente également à une bataille romaine non moins célèbre : celle du Ponte Milvio qui vit Constantin triompher de Maxence. Il serait tentant d'associer notre tableau à cette oeuvre, eu égard à la rareté de ce genre de sujet en terre vénitienne et à la probable erreur d'interprétation qui en découlerait. Mais les indices nous manquent. On ne connaît pas la provenance de la toile de Beauvais avant son acquisition en 1974 à Paris. On pourra relever néanmoins l'éloquente révérence à la célèbre 'Bataille de Spolète' de Titien, détruite dans l'incendie du Palais ducal de Venise en 1577, mais connue par des copies. Cet écho au modèle de la peinture locale s'inscrit parfaitement dans le 'modus operandi' de Maffei et de plusieurs peintres vénitiens de sa génération. Bien qu'il n'en facilite pas l'attribution, cet indice est un marq ueur important qui permet de comprendre à la fois l'évolution de l'école vénitienne de peinture au XVIIe siècle et son originalité.' (Christophe Brouard in : Nathalie Volle (dir.), Christophe Brouard (dir.), 'Heures italiennes : trésors de la peinture italienne en Picardie, XIVe-XVIIIe siècles', Gand, Snoeck, 2017, p. 219)