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POP | Plateforme ouverte du patrimoineAllégorie de l'Aurore (Titre récent) ; Allégorie de l'été (Titre ancien)
Allégorie de l'Aurore (Titre récent) ; Allégorie de l'été (Titre ancien)

Référence de la notice
07980002405
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
16 novembre 2017
Date de mise à jour
23 février 2026
Rédacteur de la notice
Véronique, WILCZYNSKI
Crédits photographiques
© Réunion des musées nationaux-Grand Palais (MUDO - Musée de l'Oise) / Thierry Ollivier - Utilisation des photographies soumise à autorisation
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
78.5
Domaine
Dénomination
Titre
Allégorie de l'Aurore (Titre récent) ; Allégorie de l'été (Titre ancien)
Précisions sur l'auteur
Belluno, 1689 ; Venise, 1767
École (pays)
Italie
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1755 vers ; 1760 vers
Époque
époque moderne
Historique
'Cette oeuvre de provenance ancienne inconnue est assez comparable à une 'Allégorie de l'Aurore' (New York, The Metropolitan Museum of Art, H. 0,780 m ; L. 0,945 m) datée vers 1755 1760 et autrefois au palais Sagredo de Venise, où elle ornait le plafond de la chambre à coucher, une destination qui explique son sujet. De dimensions bien plus considérables, celle-ci montre une figure dans une attitude voisine, ainsi qu'un effet très comparable de da sotto in sù qui doit sans doute ici aussi être mis en rapport avec un usage plafonnant. En outre, elle s'apparente fortement à cette 'Allégorie' par la touche compacte, l'utilisation de la préparation rouge pour mettre en évidence un registre chromatique restreint, notamment la belle draperie orangée de l'Aurore, l'aisance et la maîtrise des raccourcis, ou encore le mouvement des nuages et les motifs des ornements végétaux. On peut encore noter que la figure principale au visage joufflu est la soeur jumelle de celle d'un 'Enlèvement d'Europe' (Rome, collection Chiomenti, H. 1,69 m ; L. 1,44 m), située vers 1755-1760, une datation qui doit pouvoir convenir ici également. Représentant une figure féminine ailée et répandant des fleurs qu'elle prend dans un panier d'osier, ce tableau a été reproduit à deux reprises comme une allégorie de l'Eté, mais cette identification ne peut être retenue. Selon l' 'Iconologie' (1643) de Cesare Ripa, l'Eté doit en effet être figuré comme une jeune fille couronnée d'épis, vêtue de jaune et portant une torche allumée, ou encore comme une Cérès d'âge robuste tenant une gerbe de blé, de pavots et d'autres plantes. La plupart de ces éléments manquent ici et il ne saurait s'agir non plus d'une allégorie du Printemps, généralement coiffée d'une guirlande et tenant des bouquets de fleurs. Il paraît en fait plus probant de reconnaître l'Aurore, que Ripa décrivait comme une belle femme ailée saisissant un flambeau allumé d'une main et semant des fleurs de l'autre. L'auteur du tableau aura pris certaines libertés avec ces conventions iconographiques, un 'putto' tenant ici la torche annonçant l'arrivée du jour, mais l'opposition bien marquée entre l'élégante figure éclairée et la partie basse de la composition, encore plongée dans l'obscurité, vont dans le sens d'une telle identification. Au début des années 1750, avec la disparition de Sebastiano Ricci et de Giovanni Antonio Pellegrini, les grands initiateurs du rococo à Venise, et avec l'éloignement de Giambatttista Tiepolo et de Jacopo Amigoni, Diziani restait, avec Giambattista Pittoni, l'un des peintres les plus en vue pour la réalisation de grands décors religieux et profanes. L'artiste a été particulièrement actif lors de ses dernières années, mais le détail de plusieurs de ses grandes commandes demeure encore très mal connu. Il est possible que l'allégorie de Beauvais provienne d'un ensemble allégorique datant de sa maturité.' (Stéphane Loire in : Nathalie Volle (dir.), Christophe Brouard (dir.), 'Heures italiennes : trésors de la peinture italienne en Picardie, XIVe-XVIIIe siècles', Gand, Snoeck, 2017, p. 298)
Localisation
Beauvais ; MUDO - Musée de l'Oise