M.P.Lav.1894-139
Nature morte avec chaudron, poêlon, fourneau, torchon, chou, deux oeufs, poireau, pain et trois harengs
CHARDIN : Paris, 1699 ; Paris, 1779
France
1731, 1733
Hauteur en cm 42 ; Largeur en cm 32.8 ; Hauteur avec cadre en cm 60.7 ; Largeur avec cadre en cm 52 ; Epaisseur avec cadre en cm 7.5
signé
signé, en bas à gauche sur la tranche de la table de pierre. Le S a été transformé en B à une époque tardive. : J.B.Chardin
Dans cette peinture, Chardin dispose sur une margelle de pierre des ustensiles de cuisine (un chaudron en cuivre dont l'intérieur est étamé, un poêlon en terre cuite glaçurée et un fourneau en terre), un torchon et des victuailles (deux oeufs, un maigre poireau, un pain, un chou et trois harengs pendus à un croc). On retrouve la plupart de ces objets dans d'autres natures mortes de l'artiste qui se plaît, en les réutilisant, à varier sur un même thème. Chardin, ainsi qu'il le fait volontiers, a réalisé une réplique de cette oeuvre aujourd'hui conservée à Williamstown, avec son pendant, une Nature morte avec chaudron, écumoire, fourneau, poêlon, marmite, torchon et deux oignons. On peut donc supposer que la version d'Amiens possédait aussi un pendant, peut-être similaire à celui-ci. En tirant inlassablement parti des mêmes éléments domestiques, dans les années 1730-1735, Chardin ne fait pas preuve d'un défaut d'imagination puisque c'est justement cette formule qui lui permet de travailler exclusivement compositions, formes et couleurs, en un mot à s'intéresser à l'essence même de la peinture. Schnapper (cat. exp. 1985, p. 65) montre comment Chardin n'a sans doute pas été indifférent à l'art des Hollandais et surtout de Willem Kalf (Rotterdam, 1619 - Amsterdam, 1693), dont les travaux pouvaient alors aisément se voir à Paris. Dans ses mises en scènes dépouillées, au cadrage restreint, mais d'une grande variété, même si les 'acteurs' sont toujours identiques, Chardin oeuvre en excluant tout effet d'emphase. Avec son subtil chromatisme, 'son harmonie particulière, toute de douceur et de délicatesse' (Rosenberg, dans cat. exp. 1979, p. 170), il nous convie ici à la calme poésie des anodins accessoires de la vie quotidienne de l'homme dont il révèle une beauté jusque-là inédite. Notice de Matthieu Pinette
propriété de la commune, don manuel, Amiens, musée de Picardie
1890 acquis ; 1894 entrée matérielle
Collection privée, Barroilhet, Vente Barroilhet, 10 mars 1856, (n° 12. Vente Barroilhet ou vente Camille Marcille.) ; Collection privée, Marcille, Vente Camille Marcille, 12-13 janvier 1857, (n° 18 Vente Barroilhet ou vente Marcille.) ; Collection privée, Lavalard, Frères, 1862, 1890
San Fransisco, California Palace of the Legion of Honor, Rococo : Masterpieces of Eighteenth Century French Art from the Museums of France, 1949. (n° 5) Montréal, Montréal Museum of Fine Arts, Quebec, Musée de Quebec, Ottawa, National Gallery of Canada, Toronto, Art Gallery of Ontario, Héritage de France. French paintings, 1610-1760, 1961-1962. (n° 15) Paris, galeries nationales du Grand Palais, Cleveland, Museum of Art, Boston, Museum of Fine Arts, Chardin 1699-1779, 1979. (pp. 169-170, n° 41) Lille, musée des Beaux-Arts, Au temps de Watteau, Fragonard et Chardin. Les Pays-Bas et les peintres français du XVIIIe siècle, 1985. (pp. 64-65, n° 13 (notice d'Antoine Schnapper)) Paris, Bibliothèque Nationale de France, Marcel Proust, l'écriture et les arts, 1999-2000. (p. 156, n° 57) Columbia, Columbia Museum of Art, Pittsburgh, The Frick Art and Historical Center, Omaha, Joslyn Art Museum, Santa Barbara, Santa Barbara Museum of Art, From the Sun King to the Royal Twilight. Painting in Eighteenth-Century France from the Musée de Picardie, Amiens, 2000-2001 (cat. par M. Pinette). (pp. 52-53, n° 13) Beauvais, Musée départemental de l'Oise, De Fragonard à Hubert Robert, Chefs-d'oeuvre du XVIIIe siècle des musées d'Amiens, 5 février - 14 juin 2010.
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