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POP | Plateforme ouverte du patrimoineBuste de vieillard croisant les mains et se tirant la barbe
Buste de vieillard croisant les mains et se tirant la barbe

Référence de la notice
08120003340
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
28 juin 2010
Date de mise à jour
26 novembre 2024
Rédacteur de la notice
Renaux Catherine
Crédits photographiques
Fonds musée de Picardie, Jeanneteau Marc
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
M.P.Lav.1894-101
Domaine
Dénomination
Titre
Buste de vieillard croisant les mains et se tirant la barbe
Auteur
Précisions sur l'auteur
JORDAENS : Anvers, 1593 ; Anvers, 1678
École (pays)
Flandres
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1618 ; 1620
Genèse
objet en rapport
Historique
Le vieillard, les épaules couvertes d'un manteau noir, les cheveux décoiffés, la tête et les yeux baissés, croise les mains et tire sur sa barbe ; ses chairs rougies se détachent sur un fond sombre. L'attention du spectateur se concentre entièrement sur cette figure tourmentée, dont les traits creusent le visage pour en souligner l'expressivité ; le cadrage resserré et l'arrière-plan neutre concentre le regard du spectateur sur la figure centrale. Ce panneau appartient, de même qu'une série de peintures (Tête d'étude d'Abraham Grapheus, Caen, musée des Beaux-Arts et Tête d'étude d'Abraham Grapheus, Douai, musée de la chartreuse) dont le musée d'Amiens posséde un autre exemple (Double Etude d'une tête de vieillard, M.P.Lav.1894-100), à la période précoce de la carrière du peintre, durant laquelle il fréquente l'atelier libre fondé en 1615-1616 par son camarade Antoon van Dyck, puis en 1618-1620 celui de Rubens (1577 - 1640). Il réalise alors, comme van Dyck, autre collaborateur du maître (cf.Tête d'homme de profil, tourné vers la gauche, M.P.Lav.1894-88), nombre de ces figures d'étude, qui sont autant de manières de s'initier à un métier que de proposer des modèles susceptibles d'être repris dans des compositions plus importantes. On rapprochera notamment le tableau d'Amiens de deux autres figures de vieillards en buste, de dimensions similaires et d'une datation sans doute très proche : un Saint Pierre et un Vieillard le doigt levé. Ces oeuvres participent d'un même esprit qui se manifeste dans le contournement des attitudes et le réalisme outré du traitement des rides du visage, de la déformation des chairs. Le modèle pour le Saint Pierre pourrait être le même que celui du panneau d'Amiens. Ces rapprochements invitent à imaginer que Jordaens aurait pu réaliser une série d'effigies d'apôtres en buste, à l'instar de Rubens et de van Dyck, mais rien ne permet cependant de confirmer cette hypothèse. On notera enfin que l'homme situé à gauche dans le tableau du Louvre figurant Les Quatre Evangélistes, où se concentrent autour de la figure juvénile de saint Jean trois têtes de vieillards d'une facture similaire à celle d'Amiens, affecte un geste assez identique, bien qu'inversé. On est saisi par la force de cette écriture picturale marquée par la fougue d'une touche libre, ample, servie par une matière fluide et par la franchise d'un regard porté sans complaisance sur une réalité parfois grossière, rude et triviale, autant de traits qui caractériseront le travail de Jordaens dans sa maturité. Notice de Matthieu Pinette ;
voir aussi : Tête d'homme de profil, tourné vers la gauche (M.P.Lav.1894-88) , Double Etude d'une tête de vieillard (M.P.Lav.1894-100)
Localisation
Amiens ; musée de Picardie