Description
Peinture à l'huile sur toile ; Le personnage de Pierrot est issu de la tradition de la commedia dell’arte. Candide, sensible et rêveur, il voue un amour univoque à Colombine, qui lui préfère le vif et rusé Arlequin. Son caractère mélancolique, opposé à la myriade de personnages comiques offerts par le théâtre italien, plaît très tôt aux écrivains comme aux peintres, qui s’en emparent dès le début du XVIIIe siècle, avant de prendre l’étoffe d’un personnage tragique au XIXe siècle. On apprécie alors Pierrot pour son aspect solitaire, vulnérable, tourmenté voire à la marge, dans lequel certains artistes voient un lien d’âme avec leur propre situation. Tout de blanc vêtus, Pierrot en arrière-plan et son égal féminin au centre de la composition sont ornés d’une large fraise. Pierrette, sur sa coiffure à la mode des années 1900, porte également son traditionnel chapeau à large bords et tient un masque de carnaval. La similitude de leurs costumes et leur largeur accentuent le trouble d’identification des genres de ces personnages, procédé caractéristique du théâtre. Le thème choisi par Léon de Smet est obscur, le personnage de Pierrette étant une invention. Le tragique de la scène ne fait cependant aucun doute, Pierrot se laissant aller au désespoir, tandis que Pierrette est visiblement accablée par des pensées sans doute produites par les missives qui se situent devant elle. Léon de Smet, influencé par l’impressionnisme français, exploite la surface blanche du costume pour déployer son attention à la lumière et ses effets. Celle-ci provient d’une même source, artificielle et invisible du spectateur. Elle répand une atmosphère crépusculaire et lourde de tourments, opposant dans une diagonale couleurs chaudes et froides selon les ombres ainsi provoquées, et contribuant à la narration du tableau. (cartel développé, exposition "De la scène à la toile. Artistes et mondaines de la Belle Epoque", 2026-2027)