Description
Peinture à l'huile sur toile ; Sophie Crüwell (1826-1907) s’impose très tôt dans le monde de l’opéra et adopte le nom de scène « Cruvelli ». À vingt ans, ses premières performances de soprano étonnent en raison de l’étendue de sa tessiture. Ses apparitions dans Attila de Verdi ou La Norma et La Somnambule de Bellini déchaînent l’enthousiasme. Repérée par l’impresario Benjamin Lumley, elle signe son premier contrat en 1847 et rejoint le Her Majesty’s Theatre de Londres, puis le Théâtre italien de Paris. Grâce au soutien de Giacomo Meyerbeer, elle est engagée à l’Opéra de Paris et est acclamée dans Les Vêpres vénitiennes et les Huguenots. À chaque nouveau rôle, sa stature de tragédienne s’affermit. Elle devient la favorite de Napoléon III et se voit applaudie par la reine Victoria, à laquelle elle est présentée en 1895. Véritable diva, elle se permet d’annuler une représentation à la dernière minute et de disparaître, sans donner de nouvelles, pendant plusieurs semaines. Les journaux se plaisent à commenter ses liaisons, ses écarts de conduite, mais aussi ses gains : Sophie Cruvelli est la cantatrice la mieux payée de son temps. Alors qu’elle est au sommet, elle se marie le 8 janvier 1856 avec le richissime baron Vigier (qui devient vicomte en 1868) et quitte la scène. Dès lors, elle devient une figure incontournable de la mondanité, à Paris comme à Nice. En hiver, elle tient dans sa villa « Belle Vénitienne » un salon musical fréquenté par la haute société internationale et l’élite des solistes de l’époque. En 1881, la vicomtesse organise à Nice, dans le cadre d’un concert de charité, la première représentation française de l’opéra Lohengrin de Richard Wagner. Cet événement, à la fois audacieux et somptueux, rassemble des chœurs, des solistes et musiciens du Covent Garden de Londres, de la Scala de Milan et de l’opéra de Monte-Carlo. Le soir du 21 mars, Sophie Cruvelli remonte exceptionnellement sur scène pour interpréter Elsa. C’est dans le costume d’inspiration médiéval créé par le grand couturier Charles Worth qu’elle apparaît dans ce portrait. (cartel développé, exposition "De la scène à la toile. Artistes et mondaines de la Belle Epoque", 2026-2027)