Description
Né le 10 juin 1807 à Genève, Charles Louis Guigon est un peintre paysagiste, aquarelliste, graveur et lithographe suisse. Après une année de lycée, il suit des cours de dessin auprès d'Anne Alméras-Chappuis et poursuit ses études auprès du peintre émailleur Jacques-Marc Henry. Il devient ensuite l'élève de François Gédéon Reverdin à l'école de dessin de Genève. De 1827 à 1828, il étudie auprès de Louis-Victor Godin à Paris. Ce peintre se consacre presque exclusivement à la peinture de paysages de l'Oberland bernois, de la Savoie et du Valais. De 1826 à 1881, il participe chaque année à des expositions d'art à Genève, et à Paris en 1840. Il devient membre de la Société des artistes de Genève. Parallèlement à son activité de peintre et de lithographe, il donne des cours particuliers. En 1843, il fonde un cours de peinture pour femmes à Genève. La peinture représente le château de la Rochette à Lully. La scène figure une bergère accompagnée d’une vache et d’une chèvre. Une lumière douce se propage à travers l’œuvre, accentuée au centre de la composition sur le système hydraulique. L’artiste adopte un point de vue resserré sur le château en ruine et envahi par la végétation. Le château de la Rochette se présente sous la forme d'une enceinte polygonale que flanque au nord un donjon cylindrique, et au sud deux tours rondes aux angles. Celui-ci partage la composition avec le Léman en arrière-plan et les montagnes suisses. Ce château, appelé aussi château du Vernay est un ancien château fort du milieu du XIIIe siècle. Avant 1340, il appartient aux seigneurs de Cervent. L’un de ses représentants, Gérold de Cervens, semble être à l’origine de l’édification du château. Françoise de Cervens du Vernay, dame de la Rochette, le lègue, ainsi que la seigneurie, par testament du 20 février 1473, à son époux, Guillaume d'Allinges, seigneur de Coudrée. L'édifice est ruiné en 1590. Il reste cependant dans la famille jusqu'en 1840 où il est vendu. Au cours de cette période, ses murs et le rocher servirent de carrière. Au moment du rattachement de la Savoie à la France en 1860, le château en ruines est une des « images » du Chablais dans l’ouvrage Nice et Savoie, destiné à valoriser les beautés des nouveaux territoires français. Diffusé sous forme de gravure, l’édifice est rarement repris en peinture. Vers la fin du XIXe siècle, il appartient à M. Dénarié. Les restes du château font l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques par arrêté du 11 mai 1932.