Description
Impression de 753 planches de bois, 83 couleurs ; Les Fêtes de Louis XIII ; papier peint panoramique de 24 lés. Il se lit de gauche à droite. Conservé en rouleaux ; Destiné à être placé sur une cimaise relativement haute de 1,20 m environ selon les normes décoratives de l'époque, la hauteur maximum d'impression au lé 20 s'élève à 200 cm ; D'après les Livres de mignonettes, registres de photographies prises à l'arrivée et au départ des marchandises chez Carlhian, Les Fêtes de Louis XIII ont été acquises en 1936. On trouve en effet mention de photographies prises en juillet-août et décembre 1936.
Précisions sur le sujet représenté
Divertissement et promenade de gentilshommes en costume Louis XIII, dans un paysage lacustre, avec divers monuments d'architecture classique : pontons, ponts, escaliers, portiques et colonnes en ruine. L'iconographie des différents lés, d'après François Pupil, est la suivante :
- Lé 1 : le sujet d'embarquement issu de Watteau, la fameuse Ile de Cythère est beaucoup décliné au XIXe siècle : par exemple, dans le panoramique des Vues d'Italie, par François-Louis Bocion 1818-1850, L'embarcation, scènes en costume du XVIIIème siècle (Victoria & Albert Museum). L'homme est ' à l'espagnole ' dans l'attitude du galant de la Conversation à l'espagnole par Carle Van Loo, ancienne collection Geoffrin, Ermitage salle 1755, surtout édité à Sèvres dans le Surtout espagnol d'après Le Riche;
- Lé 2 : on note dans l'architecture le portique provenant du château d'Anet à l'Ecole des Beaux-Arts mais augmenté de deux travées;
- Lé 3 : le couple d'enfants est dans la tradition des fêtes galantes dans le goût de Lancret ou de Pater;
- Lé 4 : les deux héroïnes sont habillées dans le goût ' Rococo Revival ' qui se développe après 1830. Elles ont l'attitude des figures de Watteau assises près d'un terme;
- Lé 7 : la colonnade antique est assez singulière pour une ruine romaine dans un paysage suisse;
- Lé 10 : la fontaine est très Louis-Philippe mais sans descente d'escalier, à la mode vers 1830-1850; dans le goût de Deveria ou de Gigoux (Besançon). Au Salon de 1845, Baudelaire commente La fontaine de Jouvence de William Haussoullier, qui est tout à fait dans cet esprit;
- Lé 12 : il s'agit d'une reprise de L'Embarcation, scènes en costume du XVIIIème siècle (Victoria & Albert Museum) de Bocion déjà signalé pour le lé 1. La conversation à la Van Dyck est dans l'esprit des Romantiques belges ou de Delaroche;
- Lé 15 : la figuration du goût archéologique pour l'antiquité est assez rare dans cette scène rétrospective plutôt dans l'esprit Alexandre Dumas ou de la peinture romantique 1810-1850. Dans les fêtes galantes du XVIIIe siècle, la ruine apparaît seulement à la fin du siècle, chez les contemporains de Trinquesse, Le Prince, etc.;
- Lé 16 : ce paysage jalonné de ruines est passionnant pour illustrer ' le goût du bon vieux temps ', le goût des personnages à l'espagnole dans un paysage actualisé par la mode de l'archéologie classique, façon Ecole des Beaux-Arts;
- Lé 18 : la statue est composée à partir du modèle de la Baigneuse de Falconet, complété par une urne. C'est aussi un modèle repris par Sèvres et à l'étonnante postérité;
-Lé 21 : là encore, on retrouve une ruine classique mais plutôt XVIIIe siècle, dans le goût de La Hyre. Il y a confusion entre l'époque des costumes, des personnages et le temps du peintre La Hyre, qui a représenté de semblables architectures;
- Lé 22 : ces dames au bord de l'eau sont une transposition amoindrie des Egyptiennes trouvant Moise avec la fille de Pharaon. Les cavaliers dans le style de Meissonier qui a composé des rétrospectives XVIIe et XVIIIe siècles à la même époque