Description
Ce Portrait de jeune garçon est l’une des rares feuilles signées de François Quesnel. Connu depuis près d’un siècle, ce dessin a permis l’établissement du corpus de l’artiste. Le portait réalisé à la pierre noire sur papier, porte en effet une inscription ancienne (XVIe siècle) l’attribuant à François Quesnel. Son filigrane délimite une fourchette de dates assez précise pour sa fabrication, entre 1556 et 1568, permettant de dater la feuille des années 1570. Ce dessin apporte un éclairage différent sur l’œuvre de l’artiste, par son exécution et son iconographie unique. Contrairement à la majorité des feuilles conservées, qui devaient être des œuvres de commande, ce dessin est ici très spontané et la pose probablement improvisée. Si le sujet, un petit garçon, n’est pas identifié (sa pose n’est pas celle, officielle, d’un fils d’une noble maison), on le devine d’un milieu bourgeois. Il est coiffé d'une toque plate agrémentée d'une croix blanche qui n'est pas un symbole anodin dans ces années de guerres de Religion. Il s'agit en effet d'un signe de ralliement des partisans de la Ligue catholique et des Guise, plus particulièrement à Paris. Ainsi, en septembre 1567 lorsque débute la seconde guerre civile, le peuple parisien s'arme et met « la croix blanche sur son chapeau, en danger à celuy qui se trouvoit sans, d'estre tué » (Estienne Pasquier). Proche de la maison de Lorraine et du duc de Guise, François Quesnel était en effet un partisan de la Ligue (est-ce là son fils ?) et immortalise ici un jeune enfant emporté dans les guerres fratricides entre catholiques et protestants. Historique : Collection Charles Rosalie de Rohan-Chabot, seigneur de Jarnac, selon une annotation sur le montage au verso ; collection Marc-Antoine Woelffle, selon une annotation sur le montage au verso ; acquis auprès de la belle-fille de celui-ci par Monsieur Emile Biais (1850-1932), conservateur du musée d'Angoulême ; acquis par le grand-père de la vendeuse dans les années 1920-30 ; collection particulière, Paris Bibliographie : Louis Dimier, Histoire de la peinture de portrait en France au XVIe siècle. Première partie, Paris-Bruxelles, 1924, repr. pl. 52, mentionné p. 159 et 'Deuxième partie', 1925, p. 219, n° 873.