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de la Culture
POP | Plateforme ouverte du patrimoineL'Hôtel de Ville de Libourne et les arcades de la bastide
L'Hôtel de Ville de Libourne et les arcades de la bastide

Référence de la notice
M0072004260
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
28 juin 2022
Date de mise à jour
20 mars 2025
Rédacteur de la notice
Estelle MOULINEAU
Crédits photographiques
© Estelle MOULINEAU
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
2021.1.1
Domaine
Titre
L'Hôtel de Ville de Libourne et les arcades de la bastide
Précisions sur l'auteur
Talence, 1932 ;
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Historique
Serge Labégorre est né le 15 décembre 1932 à Talence. Sa mère est girondine et son père béarnais : il dirige à Bordeaux le dépôt régional des Aciéries de Longwy, que son propre père avait fondée. Après un bref séjour à Bordeaux, la famille s'installe à Libourne où la grand-mère maternelle gère une grande quincaillerie. Le père de Serge restructure l'ancienne quincaillerie en vain, et se lance dans le commerce du vin. Serge Labégorre commence à peindre durant son enfance à Aramits dans le Béarn et séjourne l’été à Biarritz, dont les paysages influeront au départ sur sa pratique, et à Langon, où l’accueille sa grand-tante éprise de culture. A partir de 1945, le professeur éclairé aux idées progressistes Henry Charnay arrive au collège de Libourne et perçoit le talent de Serge : il lui enseigne le dessin et le conseille. Peu de temps après, Serge est affecté par la tuberculose. Cloué au lit, coupé du monde et empêché de suivre ses cours, il affermit cependant son potentiel pictural et fortifie sa détermination en se nourrissant de l'iconographie picassienne, goyesque ou de de Staël. En 1950, Henry Charnay ouvre son Académie de Peinture à Libourne, dont Serge est le premier massier. En 1956, Serge Labégorre organise sa première exposition à Bordeaux, un peu avant sa venue à Paris, où il fréquente l'Académie de la Grande Chaumière. Après des natures mortes rouges et noires, Serge s'oriente vers ce qui l'a toujours fasciné, les corps et les visages humains. Entre 1960 et 1962, il expose aux États-Unis et au Portugal, ensuite à Paris, et adhère à la société des Indépendants bordelais, conduite par Jean Maurice Gay. Il tisse des relations amicales et professionnelles avec des peintres bordelais : Marcel Pistre, Jacques Belaubre, Henry Mazaud, et participe aux activités du groupe Solstice, dont il est un des rares à revenir à la figure à un moment d'implacable hégémonie abstraite. Du début des années 1960 jusqu'en 1980, Serge Labégorre expose surtout à la Galerie du Fleuve à Bordeaux. Sa rencontre avec Henriette Bournin, la directrice, est décisive. Amie d'André Lhote, elle expose déjà les meilleurs peintres bordelais. S’étant marié en 1958, il refuse de prendre la succession du commerce familial et afin de pouvoir travailler sans souci matériel, accepte d'enseigner la peinture au lycée de Pau de 1963 à 1968. En 1967, il est invité au premier festival de Saint-Emilion avec Jean Carzou, festival créé par le musicien Henri Sauguet. Il est remarqué par le galeriste anglais David Goodman, qui lui ouvre pendant six ans les portes de ses galeries de Chichester et Londres. Il fait de lui, surtout, l'unique invité du festival de Chichester de 1968, qu'il a fondé avec Laurence Olivier. Labégorre partage donc, jusqu'en 1974, sa vie entre la France et l'Angleterre. Entre 1977 et 1978, il réside à Paris et se lie d'amitié avec Guerrier, Lapoujade, Lagrange, plus tard avec Ledannois et Reimpré. Il expose régulièrement à Paris, à la Galerie Suillerot, puis de nouveau aux États-Unis, et réalise des décors de films et des environnements pour les concerts. Il se retire cependant souvent dans son atelier à Fronsac. À partir de 1978, ses créations publiques au métro Saint Augustin ou à Saint-Emilion attirent l'attention d'autres galeries parisiennes. Il entre jeune peintre chez Raymond Suillerot, grand galeriste parisien et un des cinq fondateurs de la FIAC, à la mort duquel il rejoint le temple de l'expressionnisme français de l'époque dans la galerie Pierre Marie Vitoux, dans le Marais, qui accroche ses dernières productions tous les deux ans. Plusieurs années de suite, la Foire internationale d'art contemporain (FIAC) retient les œuvres de Labégorre. Le Grand Palais l’expose avec douze artistes bordelais, dont Marquet, et Libourne célèbre, en 1982, au centre culturel, ses 25 ans de peinture. La Fondation Soulac Médoc retient depuis longtemps dans son musée d'art contemporain des toiles du peintre. Il figure également dans de grandes galeries nationales et est invité à l'étranger dans d'importants centres artistiques anglais, allemands, américains et japonais. Des musées de l'expressionnisme en France achètent ses toiles, et le cycle des cinq grandes expositions aux États-Unis (Baltimore, Chicago, Los Angeles, New York, San Francisco en 1989-1990) est un succès. Le Musée d'Art Moderne de Karachi achète également ses peintures. En avril 2000, Christine Phal ouvre les portes de sa galerie rue Mazarine à Paris à Serge Labégorre. En 2014, le Fonds Labégorre est inauguré à Seignosse. L'objectif du fonds est de sauvegarder, pérenniser, montrer et faire circuler les œuvres du peintre. Il admire Bacon, Freud, Giacometti, Picasso, Matisse, mais transcende ces inspirations et ces modèles. De nombreux rapprochements stylistiques peuvent alors être trouvés, mais l'œuvre de Labégorre demeure rebelle face aux modes et aux étiquettes conjoncturelles.
Localisation
Libourne ; musée des beaux-arts et d'archéologie