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POP | Plateforme ouverte du patrimoineVase à tête d’ail. (titre factice)
Vase à tête d’ail. (titre factice)



Référence de la notice
M0260002233
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
31 juillet 2024
Date de mise à jour
22 août 2024
Rédacteur de la notice
Elise Bellanger ; Emilie Toury
Crédits photographiques
© Loches ; musée Lansyer
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
OA.COLL.1893.23
Domaine
Dénomination
Titre
Vase à tête d’ail. (titre factice)
Auteur
École (pays)
Japon
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1893 avant
Époque
époque Edo
Historique
L’extrémité de ce vase est qualifiée de « tête d’ail » (Chi. suantouhu, jap. santôko) dans la nomenclature des arts asiatiques. La forme de ce genre de bouteille dérive des vases à vin hu de l’époque des Royaumes Combattants (475-221 av. N.-E.) et à la dynastie des Han de l’Ouest (202 av. N.-E. – 220 ap. N.E.). Des exemples de ces vases à tête d’ail en bronze, datés de la dynastie Qing (221-206 av. N.-E.) et de la dynastie Han, sont conservés dans les collections du Musée national du Palais à Taipei (n°2216, 841 et 1232). Le même type de qualificatif « tête d’ail » apparaît dans le catalogue des collections de l’empereur Qianlong, Le Miroir des Antiquités dans le Pavillon (Xiqing Gujian). Le modèle revient à la mode pendant la dynastie Yuan (1271-1368) en bronze doré et en grès à couverte céladon Longquan : des pièces à destination du Japon ont été exhumés de l’épave du Sinan, échoué en 1323 et son conservées au Musée national de Corée à Séoul. De nombreuses variations de la forme existent, certaines avec un corps en forme de poire, d’autres avec une panse basse et légèrement compressée, parfois avec des motifs archaïsants. Le modèle de la bouteille à tête d’ail continue de se développer en bronze et en porcelaine pendant la dynastie Ming (1368-1644), particulièrement sous le règne de Wanli. La forme est adoptée au Japon par les potiers des fours de Seto à l’époque de Momoyama (1573-1603) sous le nom de « bouteille à tête d’ail » (niradô-hei) ou « bouteille à tête de citrus » (kôjiguchi-hei). Dans le cas de la pièce du musée Lansyer, il est assez difficile de déterminer de manière sûre son origine géographique sans exemple de comparaison. L’association avec des têtes d’unicornes chinoises (luduan) est assez inhabituelle ; on connaît en revanche de nombreux exemples de bouteilles à tête d’ail en bronze, bronze doré et porcelaine de Dehua où un petit chilong vient s’enrouler autour du col. Le luduan est une créature auspicieuse légendaire de la mythologie chinoise présentant une tête de lion, une corne de rhinocéros, un corps de dragon, des pattes d’ours, des écailles de poisson et une queue de bœuf. Ici, les têtes de la créatures mythologique apparaissent en ronde-bosse en guise d’anses. Elles sont associées aux motifs de masques de taotie et de spirales carrées leiwen caractéristiques des bronzes rituels chinois des dynasties Shang (1570-1045 av. N.-E.) et Zhou (1045-256 av. N.-E.). L’imitation de formes et de motifs de la Chine ancienne est caractéristique de la production des bronzes archaïsants chinois et japonais. Dans un contexte japonais, cette pièce aurait servi de vase à fleurs dans le cadre de la cérémonie du thé ou de l’exposition d’œuvres d’art dans le tokonoma, l’alcôve décorative des maisons traditionnelles.
Localisation
Loches ; musée Lansyer