Description
Le présent tableau représente, au centre de la composition, un bateau de Loire (une toue cabanée) amarré près d’une rive talutée. Sur celle-ci, un homme (un pêcheur ?) et une femme sont assis à même le sol. Ils paraissent se réchauffer autour d’un feu. Derrière eux, un troisième personnage (un second pêcheur ?) se tient debout, les mains dans les poches. Sur la toue, un filet de pêche fixé sur des arceaux en bois, est posé à l’envers. Il s’agit d’un carrelet utilisé pour la pêche au saumon et à l’alose. La pêche au carrelet, très ancienne, est documentée dès le Moyen Âge. Si elle est très rarement figurée, elle est mentionnée dans les ordonnances royales réglementant la pratique. L’emploi du carrelet semble avoir été très généralisé car il sert à pêcher toutes sortes de poissons. Ses dimensions, sa fabrication et son mode d’emploi se différencient en fonction de l’espèce visée, des caractéristiques du lieu de pêche et de son utilisation, depuis la rive ou sur un bateau. Généralement carré, « il est bordé d’un cordeau avec lequel on forme des bouclettes à chacun des angles du filet. Des bouclettes qui reçoivent les extrémités de deux arceaux en bois ou en métal se croisant à angle droit en leur milieu ». Parfois le filet est monté sur un cadre rigide. Pour la pêche au saumon ou à l’alose, espèces migratrices, les pêcheurs ont recours à une nappe (filet) de taille importante, à des treuils et à des systèmes de contrepoids afin d’être en capacité de la lever. C’est le fait de pêcheurs professionnels. Selon les lieux, l’emplacement du carrelet - qui peut être placé sur le devant du bateau ou sur l’un de ses côtés - et la façon dont on le relève, varient. Sur l’œuvre d’Hanoteau, il ne semble pas avoir de système à bascule monté à l’avant du bateau (cf. document n°1 en annexe) ni de mâtereau (petit mât dressé près du bord du bateau) associé à un jeu de poulies (cf. documents n°2 en annexe). Il est par ailleurs possible de rapprocher le tableau d’un dessin au lavis également réalisé par Hanoteau (cf. document n°3 en annexe). La manœuvre du carrelet paraît s’effectuer au moyen d’une perche de levée reliée à une « tête de chat », un cube de chêne percé sur chaque face, permettant d’assembler les arceaux. Sur la peinture, comme sur le dessin, apparaît derrière le bateau, une palissade de bois immergée, perpendiculaire au courant. Il s’agit d’une « porte de bouge » destinée à créer un remous favorable à la prise de l’alose ou du saumon. Au XIXe siècle, les bouges sont nombreux et la pêche au bouge vient en complément des autres techniques utilisées pour la pêche au saumon ou à l’alose.