Description
Le masque appelé ko-omote (« petit visage ») représente un visage féminin aux joues rondes et à la bouche entrouverte sur un sourire, incarnant la beauté et la naïveté de la jeunesse. Les cheveux sont divisés en deux parties par une raie médiane avec trois mèches parallèles et ne se chevauchant pas sur le front et les tempes. Les sourcils sont redessinés au charbon très haut sur le front et les lèvres rouges s'ouvrent sur un sourire teinté de noir à l'aide d'une solution à base de fer et de vinaigre ou de poudre de noix de galle. Ces caractéristiques correspondent au maquillage et aux critères de beauté dans l'archipel à l'époque de Heian (794-1185), apogée de la culture aristocratique japonaise. ; L'accessoire est sculpté dans une seule pièce de bois, souvent de camphrier, de paulownia ou de cèdre japonais. Mesurant généralement 20 centimètres de hauteur, il est perforé de trous pour les yeux et la bouche, ainsi que pour faire passer une cordelette de soie permettant de l'attacher au visage de l'acteur. L'extérieur est recouvert d'un apprêt blanc et de couches de pigments rehaussant les détails. L'intérieur est enduit de laque noire ou transparente, laissant visible les traces des coups de ciseaux. On y trouve des inscriptions mentionnant le nom du masque et parfois une dédicace. Le masque peut être complété par une perruque maintenue par une ceinture de tissu, rouge pour les démons et blanche pour les personnes âgées. Un kimono très richement orné évoquant des motifs de la saison en cours complète le costume de l'acteur. ; Bien que ce masque soit d'exécution récente, l'artiste a suivi scrupuleusement les codes de représentation traditionnels. Les traces de coup de ciseaux à l'intérieur du masque attestent de l'utilisation des techniques anciennes. Les sculpteurs de masques suivent une formation spécifique où le savoir-faire se transmet de maître à élève. Leurs qualités font l'objet de nombreuses marques de reconnaissance de la part du gouvernement japonais.