Précisions sur le sujet représenté
Dans cette huile sur panneau, Gaston La Touche place le spectateur au centre de la scène, à l’intérieur d’un boudoir élégant situé dans un appartement luxueux. Tout comme Edouard Vuillard, La Touche s’intéresse à la représentation des intérieurs mondains et feutrés, ornés de belles boiseries rehaussées d’or, de consoles précieuses, de lustres en cristaux distribuant la lumière. Le décor tient une place importante en occupant les deux tiers du tableau. Sur la partie droite du tableau, un buste est posé sur une console élégamment sculptée. A gauche de l’œuvre un miroir imposant surmonte une cheminée sur laquelle sont posées une horloge et un bouquet. Une lumière jaune dorée venant de la gauche du tableau ainsi que le lustre en cristal se reflètent dans le miroir, seul élément de l’œuvre qui donne un effet de profondeur et une ouverture sur l’extérieur. Le reflet exceptionnel du miroir se retrouve aussi dans d’autres peintures de Gaston La Touche telle l’huile sur panneau Le prétendant. Scène d'intérieur nocturne au sabre met en exergue l’importance du travail de recherche picturale de Gaston La Touche sur la lumière. Achille Ségard témoigne de la qualité de son exécution dans cet article : « Désormais l’œuvre de Gaston La Touche s’imprègne progressivement d’un rayonnement et comme d’un poudroiement d’or fauve. (…) Et c’est un poète lyrique qui donne enfin l’essor à son imagination » L’action se déroule au centre sur le premier tiers de la composition du tableau. Elle montre une femme, légèrement vêtue, le visage dans l’ombre à demi repliée sur elle-même, le regard levé vers la droite. Elle semble s’être réfugiée, piégée dans un angle de la pièce. Bien que le tableau ne représente qu’un personnage féminin, son attitude et son regard semble nous laisse deviner qu’elle ne se trouve pas seule dans la pièce. Il émane de la scène une atmosphère inquiétante, le spectateur assiste au moment d’attente et de tension d’une action dramatique encore en cours. La femme paraît menacée peut-être par le sabre placé sur le fauteuil au premier plan à droite.