Précisions sur les inscriptions
au recto, en bas à droite : Gaston LA TOUCHE 86 ; (au revers, inscriptions au crayon carbone, peu lisibles, sur le montant supérieur, cachées initialement par le papier bleu) Suresnes (...) ; (au revers, inscription sur la traverse au crayon carbone) 381
Description
Le support est constitué d'une toile tendue sur un châssis. Le châssis est une structure en bois à clefs, à traverse verticale. Les dimensions correspondant à un format standard F6. Les montants sont chanfreinés et dégraissés. La toile est naturelle, de lin ou de chanvre, elle est très fine, d'armure toile, au tissage serré et aux fils fins. La fixation est réalisée par des semences industrielles, réparties régulièrement. La couche de préparation blanche, fine, huileuse, est présente sur les tranches de la toile. Les couches colorées sont réalisées à l'huile, avec une épaisseur fine et régulière. La touche du pinceau est néanmoins perceptible. Une couche de vernis d'origine naturelle (fluorescence jaune-vert sous U.V.) a été appliquée en surface. Cette couche est ancienne : elle a été appliquée avant l'apparition des craquelures d'âge, comme le confirme l'absence de tâches au revers.
Précisions sur le sujet représenté
Il sagit dune peinture à l'huile, précisément datée de 1886, montrant ce qui était alors le village de Suresnes. En effet, cette vue laisse une grande place aux champs qui sétendent, en partie gauche, sur les coteaux du Mont Valérien. On distingue, à larrière plan, un groupement dhabitations qui constituait le bas de Suresnes autour dune église. La composition est rythmée par la Seine qui serpente dans le paysage et quon voit apparaître dans langle inférieur droit avec une péniche. En arrière plan, le long de la Seine alors cachée par les arbres, on distingue une série de cheminées dusines, fumantes. La partie droite, c'est-à-dire lautre berge de la Seine, est recouverte de végétation, correspondant à lemplacement du Bois de Boulogne. Deux zones de réserve dans les deux angles inférieurs attestant du statut de loeuvre comme étude. Ce tableau montre un état de la ville où limplantation des bâtiments prend place autour du clocher de léglise Saint Leufroy, détruite en 1906. Le plan cadastral de 1855 conservé aux archives municipales de Suresnes confirme ce parcellaire avec de nombreuses constructions dans le bas de Suresnes. Les usines ont ensuite pris place à partir du milieu du XIXe siècle à la faveur de lessor industriel de la boucle de la Seine. Le bourg de Suresnes, toujours limité à la partie passe de la ville, grossi encore. La création des lignes de chemins de fer (1839 et 1889), la construction du premier pont en 1841, lamélioration du réseau routier avec le percement du boulevard de Versailles en 1878, et laménagement du fleuve par la construction de barrage-écluses entre 1864 et 1869 puis entre 1880 et 1885 favorisent lessor de lindustrialisation. A partir de 1860, simplantent des industries exigeant de grands espaces, souvent polluantes, pour la plupart transférées de Paris. En 1872, on dénombre 19 entreprises sur les quais de Seine. Suresnes compte sur son territoire toutes les grandes catégories dindustries recensées à lépoque en banlieue parisienne : blanchisserie, textile, alimentaire, métallurgie, chimie, pharmacie, papeterie, imprimerie, carrosserie, mécanique. Les industriels deviennent des notables de la ville et supplantent les vignerons. A la veille de la Première Guerre mondiale, les activités dominantes sont lautomobile, laviation, la chimie, lalimentation, lélectronique mais aussi la parfumerie de luxe. Entre 1830 et 1855, blanchisseries et teintureries sinstallent en bord de Seine. Ces usines consomment une grande quantité deau et de charbon. Les blanchisseries y disposent de vastes terrains pour le séchage du linge à lextérieur, sur des pieux reliés par des fils de fer, des mâts ou dans des greniers. En 1914, on recense encore une trentaine détablissements dont peu subsistera après la guerre. Ces premières industries liées au textile font progressivement place à lindustrie automobile à la fin du 19e siècle. Lusine Olibet est lune des premières industries à simplanter à Suresnes. Vers 1860, Eugène Olibet importe en France les procédés de fabrication anglais des biscuits secs quil est allé étudier sur place. Associé avec le financier Auguste-René Lucas, il lance en 1872 un premier établissement à vapeur à Talence, près de Bordeaux avant d'aménager lusine de Suresnes en 1879. Située quai Gallieni entre la rue du Port-aux-Vins et la rue du Bac, elle fournit en biscuits la Capitale et la partie septentrionale de la France. Lusine est démolie en 1940 et cède la place à lindustrie métallurgique. La partie haute de la ville restera occupée par les vignes et les champs jusquaux alentours de 1920 où les plateaux nord et ouest sont aménagés avec notamment la construction de la cité-jardins.