Description
Le groupe de fidèles s'inscrit dans un losange centré sur le Christ mort. Resserrés sur eux-mêmes, femmes et disciples se rassemblent à l'entrée de la grotte ; cette grappe humaine épouse le volume des rochers et forme le premier plan de la scène, très distinct de l'arrière plan rythmé par les trois verticales des croix et la diagonale de l'echelle. La ligne nerveuse du dessin, la déformation du réel, dénotent l'influence des graveurs allemands des XVème et XVIème siècles. L'opposition entre la vie et la mort se traduit dans le rapprochement du visage du crucifié et l'expression virile et puissante de Joseph d'Arimathie. Au lointain, le soleil couchant d'un jaune blafard, et la désolation du paysage tourmenté renforcent la tristesse de la scène ; contrastant avec elle, les couleurs vives des manteaux - jaune et rouge-, ainsi que le blanc lumineux des tuniques et du linceul, baignent la grappe humaine d'une chaude lumière. A gauche, la grotte forme un écrin mystérieux et protecteur, à l'opposé du calvaire sinistre. A droite, les objets de la Passion sont rassemblés en une remarquable nature morte. Lelio Orsi montre ici un grand intérêt pour la lumière, l'expression des sentiments, la recherche d'un coloris chaud et raffiné, utilisation de la ligne serpentine. Le maniérisme apparaît dans l'outrance des attitudes mettant en relief les sentiments des acteurs du drame. A l'entrée du tombeau, la Vierge, révulsée dans sa douleur, se renverse évanouie sur l'épaule de Jean, agenouillé pour la soutenir.
Précisions sur le sujet représenté
La mise au tombeau est le dernier épisode de la Passion du Christ avant sa résurrection. Les fidèles de Jésus, après avoir recuilli son corps, lui procurent une sépulture dans le tombeau de Joseph d'Arimathie, notable et disciple caché de Jésus, qui avait demandé à Pilate de pouvoir ensevelir le Maître