Description
Statuette : Jeanne équestre Cette statuette constitue un rare exemple de transposition dans l'ivoire d'un type de scultpure généralement exécuté en bronze. L'édition de ces petits modèles reproduisant la statuaire monumentale des places publiques, connut, grâce aux perfectionnements des techniques de fonte, une très large diffusion dans la seconde moitié du XIXe s. Le type d'une Jeanne d'Arc équestre en armes semble s'être constitué au lendemain de la défaite de 1870. Il fut très largement popularisé au cours des années 1880-90. Les oeuvres de Frémiet (1874 et 1899), de Dubois (1896-1900), du Comte du Passage (1877), de Barye fils ou de Foyatier (1890) témoignent de cet engoueement. La postérité de ce modèle va bien au-delà de cette fin de siècle ainsi qu'en témoignent la statue d'Halbout du Tanay fondue à la veille de la seconde guerre mondiale et érigée à Alger en 1951. Cette statuaire équestre est l'héritière lointaine d'anciens archétypes romains, symboles de l'autorité et de la gloire militaire des empereurs, tradition qui fut réactivée à la Renaisance et remise à l'honneur ensuite par tous les régimes autocratiques de Louis XIV à Napoléon III. La faveur du modèle d'une Jeanne guerrière, chevaleresque et protectrice procède d'un sursaut de fierté nationale. Il vient conjurer le désarroi d'une nation traumatisée par l'humiliation de la défaite, l'occupation allemande et la guerre civile, et qui semble irrésistiblement promise au déclin. Sacralisée par l'emploi de l'ivoire, cette version guerrière de la Pucelle est proche, à la fois du très emblématique modèle crée par Emmanuel Frémiet pour la place des Pyramides et de l'oeuvre d'Alfred Barye. Seuls quelques détails mineurs l'en distinguent, comme la présence d'un casque, la position de l'étendard, ou quelques particularités vestimentaires.
Précisions sur le sujet représenté
Jeanne en armure, à cheval