Précisions sur le sujet représenté
La toile de Seghers conservée au musée de Soissons donne à voir une statue de saint Dominique insérée dans une niche, toutes deux représentées en trompe-l'il. Cette niche est entourée de trois guirlandes de fleurs composées notamment de roses, tulipes et pivoines. Le choix des fleurs n'est pas guidé par leur seul valeur esthétique et chromatique, il répond aussi à la charge symbolique qui réside dans chacune des espèces. En suspendant, au-dessus de la niche peinte en camaïeu avec saint Dominique, des amas de fleurs entremêlées, Seghers créé un véritable trompe-l'il. L'ensemble, qui se détache sur un fond sombre, laisse croire à un monument de pierre tout fleuri. Le fond sombre du tableau fait ressortir l'éclat des couleurs des fleurs de la guirlande. Juste en dessous de la statue, comme gravée dans la pierre de la niche représentée en trompe-l'il, on peut lire le nom du saint reporté en latin : S. DOMINICUS. Les fleurs représentées grandeur nature, donnent au spectateur l'impression de se trouver devant une véritable niche contenant une petite statue de saint Dominique devant laquelle il peut se recueillir. Sur la vie de saint Dominique, la légende a beaucoup brodé. Sa naissance comme celles du Christ et de tous les grands saints, aurait été annoncée par de nombreux présages. Sa mère notamment, aurait vu en songe le fils qu'elle attendait marqué au front d'une étoile et accompagné d'un chien blanc et noir tenant dans sa gueule un flambeau allumé. Dans la toile du musée de Soissons, Seghers représente le saint adulte en habit de dominicain accompagné d'un chien tacheté tenant dans sa gueule un flambeau allumé comme dans la vision de la mère du saint. Cette vision construite sur un calembour où le mot Dominicus était rapproché de l'expression Domini canis (chien du Seigneur), fut interprétée comme un présage soulignant comment Dominique serait le chien de garde de l'Église contre l'hérésie.