Précisions sur le sujet représenté
un décor révolutionnaire : L'ensemble présenté est orné d'un fond bleu ciel nué; les fonds de couleurs sont une des grandes réussites de la manufacture par leur homogénéité et leur intensité. Le bleu, particulièrement prisé, est décliné du bleu céleste au bleu de roi et permet de mettre en valeur des ornements floraux, animaliers ou champêtres. Sur la tasse, comme sur la soucoupe, le décor est composé d'une guirlande de roses et d'oeillets entrelacés qui se détachent sur une bande jaune. Ce décor floral est hérité des ornements du temps de Louis XVI; en revanche, son aspect traditionnel est métamorphosé par la présence d'une banderole bleu, blanc et rouge et d'une cocarde tricolore située au centre de la soucoupe. Ces motifs décoratifs permettent de dater la création du décor de la période révolutionnaire. Or la cocarde encerclait un bonnet phrygien inscrit dans une couronne de lauriers. Ce bonnet phrygien n'apparaît plus aujourd'hui et a probablement été effacé lors de la Restauration (1815-1830), période où cet insigne n'était plus le bien venu. LA MARQUE Un autre signe permet de dater plus précisément la tasse et la soucoupe du musée d'Art et d'Archéologie : il s'agit de la marque de la manufacture située au revers. Sous l'Ancien Régime, les pièces créées à Sèvres étaient marquées d'un double ' L ' entrelacé et d'une lettre-date indiquant l'année de création. Lors de la naissance de la Première République, en 1793, ce système est modifié. Les anciennes marques sont remplacées par une inscription composée des deux lettres ' RF ' entrelacées pour ' République Française ' et ' Sèvres ' en toutes lettres. Cette nouvelle marque se trouve au revers de la tasse et de la soucoupe; elle est complétée d'un ' 9. ' qui doit être la marque du peintre sur porcelaine. Ces indications permettent donc de dater les deux objets entre 1793 et 1800 puisque la marque de la manufacture de Sèvres change à nouveau en 1800. oeuvres étonnantes, elles montrent que l'activité artistique se poursuit même pendant la période troublée post-révolutionnaire et surtout que le nouveau régime se réapproprie les lieux emblématiques de la monarchie