Ministère
de la Culture
POP | Plateforme ouverte du patrimoineLe bouvier (4e état)
Le bouvier (4e état)

Référence de la notice
M0923315851
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
15 mai 2025
Date de mise à jour
5 février 2026
Rédacteur de la notice
musée Ziem
Crédits photographiques
Musée Ziem / cliché Gérard Dufrêne
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
MZE 993.1.5851
Domaine
Titre
Le bouvier (4e état)
Précisions sur l'auteur
Vosges, vers 1600 ; Rome, 1682
Genre du ou des auteurs
masculin
Contexte de création - contexte historique
Millésime de création
1636
Historique
legs de Lil Treilles-Ziem en 1993
Description du bien muséal
Matériaux et techniques
Mesures
12 × 19 cm
Description
Réalisée en 1636, cette eau-forte, qui figure parmi les plus célèbres du Lorrain, concentre toutes les caractéristiques de son art en matière d'estampe : un sujet modeste - des vaches traversant une rivière à gué -, traité avec une certaine maladresse dans les premiers plans, servant de prétexte à une étude très poussée de la lumière, qui permet au peintre de rendre véritablement palpable l'atmosphère du paysage. Puisant son inspiration dans la campagne romaine, il délivre ici un monde paisible, dans lequel l'homme, les animaux et la nature semblent faits du même bois ; le berger du premier plan pourrait ainsi être confondu avec la composition quand on l'observe attentivement, pourraient être assimilés aux hachures destinées à suggérer les contours d'un arbre ou d'un abri.
Les capacités du peintre-graveur à restituer une heure, une atmosphère précisément situées, sont ici particulièrement sensibles ; les effets de la lumière sont étudiés dans le ciel, mais également dans chaque recoin de l'image, sur chaque élément du paysage, créant un tout unifié d'où se dégage un fort sentiment d'harmonie - qui n'est en rien brisé par le contraste entre le premier plan, à dominante sombre, et les lointains, qui semblent d'effacer dans une vibration. Le frémissement est d'ailleurs général, conduisant à une certaine dilution des contours qui permet l'évocation de la chaleur méridionale.
Souvent qualifié de naïf, le dessin de Claude dans ses eaux-fortes s'avéra pleinement en accord avec la sensibilité moderne et les idéaux des peintres du XIXe siècle vis-à-vis de la nature. Révélant la campagne romaine à travers un tempérament doux et pastoral, comme l'écrivait André Blum dans son catalogue raisonné de 1923, ces compositions, visiblement marquées par une absence de souci de perfection formelle et une indépendance totale vis-à-vis des codes traditionnels, furent perçues comme le reflet d'une âme d'artiste, guidée par le sentiment poétique et capable de lui subordonner tout le reste.
Localisation
Martigues ; musée Ziem