Mesures
L. 0.5 - 0.7 cm (tesselles, pour la chasse) ; L. 1 cm - 1.5 cm (pour les coqs) ; L. 244, La. 108 (panneau rectangulaire) ; L. 112, La. 248 (avec le cadre) ; L. 78, La. 33 (panneau des coqs)
Inscriptions
inscription concernant la représentation
Précisions sur les inscriptions
L'inscription Festus/Cum/Torquato (en trois lignes) ne présente pas de problème de lecture, ni d'authenticité : elle a été citée à plusieurs reprises, mais les interprétations ont divergé, de même que la lecture de l'inscription inférieure qui reste problématique : l'état actuel montre qu'elle n'est pas dans l'axe du panneau et que ses premières lettres, au moins, ont été 'bricolées'.
Description
Quelques tesselles de verre bleu, jaune, rouge, vert dans les coqs. Entouré d'un cadre de marbre blanc, lui-même inséré dans le pavement moderne de la rotonde de la galerie des peintures du musée Condé, le panneau antique se compose de plusieurs parties. A l'intérieur d'un filet triple noir sont rassemblées deux scènes distinctes, à l'orientation opposée : la chasse au sanglier avec l'inscription FESTUS CUM TORQUATO, et deux coqs affrontés. A l'extérieur du cadre, une deuxième inscription, décalée par rapport au panneau et en partie refaite, a été lue CAVE TORQUATUM, mais cette lecture reste sujette à caution. Sous l'inscription FESTUS CUM TORQUATO, la scène de chasse se compose d'un chien brun couché, vraisemblablement blessé, d'un chasseur habillé d'une tunique blanche, courte et ceinturée, un couteau suspendu sur son côté gauche. Campé sur ses jambes à demi fléchies, il brandit un bâton de la main droite ; il porte des sandales et son visage a été l'objet d'une réfection malhabile. En dessous, un gros chien noir et blanc, de profil vers la gauche, la tête retournée, mord l'oreille d'un sanglier, de profil vers la droite ; du sang coule sur le pelage de la bête sauvage, rendu dans la même couleur que la gueule du chien. Une ligne de sol accidenté, des rochers et des plantes campent le cadre sauvage de cette scène de chasse. Dans l'autre panneau, de sens opposé, deux coqs multicolores se font face : celui de gauche a la tête baissée vers le sol, tandis que celui de droite se redresse, une patte levée pour tenir un rameau. Est-ce l'issue d'un combat, remporté par le coq de droite, devant lequel le coq vaincu s'incline ?
Sujet représenté
scène (chasse, homme, chien, sanglier) ; représentation animalière (coq)
Précisions sur le sujet représenté
Le motif du combat de coqs est attesté à la maison du Labyrinthe. Pourquoi alors associer cette scène à celle de la chasse ? En se fondant, entre autres, sur l'exemple de la maison du Labyrinthe, Ph. Bruneau voyait dans ce thème l'expression de la victoire (BRUNEAU 1965). Par comparaison avec le panneau du coq aux grenades du nymphée de Stabies, O. Wattel-de Croizant y voyait un xenion (LAVAGNE, WATTEL-DE CROIZANT 1984, p. 763-764), mais le type de scène ne correspond pas. Les représentations de scènes de chasse (venationes), elles aussi, sont attestées à Pompéi et on peut rapprocher la scène du pavement de Chantilly d'une peinture connue seulement par un dessin du XIXe s. et découverte dans la maison de l'Ancienne chasse (VII, 4, 48) : dans un cadre sauvage, un chasseur attaque un sanglier à l'épieu, aidé par un chien (ZANKER 1988), mais les proportions entre les divers protagonistes y sont naturelles, très différentes de celle du panneau de Chantilly. Le sanglier appartient à une série de représentations bien attestée à Pompéi : dans un groupe de bronze de la maison du Cithariste (I,4,5) l'animal est attaqué par deux chiens (DE CARO 1994, p. 211); de même, en mosaïque, un panneau noir et blanc de la maison au Sanglier I (VIII, 3, 8) le représente attaqué par deux chiens dans un cadre sauvage marqué par des arbustes (CLARKE 1979, p. 9, fig. 6), tandis qu'un sanglier est assis (blessé ?) sur un panneau de la maison au Sanglier II (VIII, 2, 26 : GRIMAL 1992, pl. 24). Toutes ces représentations appartiennent au Ier s. après J.-C. : sur des bases tant stylistiques qu'iconographiques, nous pouvons retenir la même date pour les parties antiques du pavement de Chantilly. Le chien couché, dans le coin supérieur gauche de la scène, a subi des réfections malhabiles, mais sa silhouette est comparable au chien de garde couché dans le vestibule de la maison de L. Caecilius Iucundus V, 1, 26 (CLARKE 1979, p. 11, fig. 9). Le chien central pose davantage de problèmes : nous avons signalé ses proportions étonnantes et, s'il est de la même race que celui de la célèbre mosaïque au chien de garde de la maison du Poète tragique (VI, 8, 5) et a quelques traits comparables, il semble beaucoup devoir à l'intervention d'un mosaïste moderne